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AMÉRIQUE

L'actualité de la semaine en Amerique

Cette habilitation, dont la révocation a été annoncée mercredi par la porte-parole de la Maison-Blanche, Sarah Sanders, donne aux hauts responsables qui en bénéficient accès à des informations sensibles et confidentielles, même après avoir cessé leurs fonctions.

Mme Sanders a lu un communiqué de M. Trump, dans lequel il justifiait sa décision par « les risques faisant courir la conduite et le comportement imprévisibles » de John Brennan.

« Historiquement, les anciens chefs du renseignement et des agences de sécurité étaient autorisés à conserver un accès aux informations classées secret défense », a-t-elle rappelé, en soulignant que cette tradition est désormais remise en cause.

M. Brennan a des antécédents qui jettent un doute sur son objectivité et sa crédibilité.

La porte-parole de la Maison-Blanche, Sarah Sanders
La porte-parole de la Maison-Blanche Sarah Sanders répond aux questions des journalistes.
La porte-parole de la Maison-Blanche Sarah Sanders. Photo : Reuters/Leah Millis

Un « abus de pouvoir » présidentiel

John Brennan a réagi en évoquant une décision « faisant partie d'une volonté plus large de supprimer la liberté d'expression et de punir les critiques ».

L'ancien patron de la CIA a condamné un « abus de pouvoir » du président américain.

« Si les habilitations secret défense devenaient un outil politique enrte les mains d'individus comme M. Trump, cela enverrait, je pense, un message très inquiétant aux membres actuels du gouvernement, peut-être aux anciens responsables qui bénéficient toujours de leur habilitation, ainsi qu'à la prochaine génération de professionnels du renseignement et de la sécurité nationale », a-t-il déclaré sur MSNBC.

L'ancien directeur de la CIA, John Brennan, témoigne devant la commission du Renseignement du Sénat américain, le 23 mai 2017.
L'ancien directeur de la CIA, John Brennan. Photo : Reuters/Kevin Lamarque

Avec ces annonces mercredi, la Maison-Blanche a peut-être tenté de faire une manœuvre de diversion, le président étant empêtré dans une polémique déclenchée par une ancienne conseillère en relations publiques, Omarosa Manigault Newman, qui a dressé ces derniers jours le portrait acide d'un Donald Trump « raciste » et « misogyne ».

Le sénateur démocrate Mark Warner a ainsi dénoncé une stratégie de « détournement de l'attention » doublée d'un « dangereux précédent » visant à punir les personnes critiques du président.

Une voix respectée

Ancien patron de la CIA de 2013 à 2017, John Brennan reste une voix respectée sur l'échiquier politique américain, se montrant en même temps peu avare en critiques de M. Trump.

Le mois dernier, il avait éreinté le locataire de la Maison-Blanche après sa rencontre à Helsinki avec son homologue russe Vladimir Poutine, au cours de laquelle le milliardaire américain avait adopté une posture conciliante vis-à-vis du maître du Kremlin.

M. Brennan avait estimé que la « performance » de Donald Trump à Helsinki n'était « rien de moins qu'un acte de trahison ».

« Non seulement les propos de Trump étaient imbéciles, mais il est totalement entre les mains de Poutine », avait-il tweeté.

John Brennan a par ailleurs à maintes reprises réaffirmé la réalité d'une ingérence russe dans l'élection présidentielle de 2016, réfutant les doutes avancés par M. Trump sur la question.

Autres révocations en vue

L'ancien directeur du FBI, James Comey, en train de prêter serment.
L'ancien directeur du FBI, James Comey. Photo : Reuters/Gary Cameron

Sarah Sanders a précisé que M. Trump envisageait de retirer leur habilitation à d'autres anciens hauts fonctionnaires de l'ère Obama, dont l'ex-chef de la police fédérale James Comey, devenu sa bête noire.

Elle avait d'ailleurs préparé le terrain le mois dernier, en affirmant que certains de ces hauts responsables avaient « politisé et, dans certains cas, monnayé leurs fonctions publiques et leur habilitation secret défense ».

Une même révocation pourrait être appliquée à James Clapper, directeur du renseignement jusqu'au début de 2017, ainsi qu'à Michael Hayden, ex-patron de l'Agence nationale de sécurité (NSA) puis de la CIA.

Sont également menacés Susan Rice, qui était conseillère en sécurité nationale de Barack Obama, et Andrew McCabe, ancien adjoint puis directeur par intérim du FBI jusqu'en août 2017.

Tous ont ouvertement critiqué le président républicain depuis sa prise de fonctions en janvier 2017.

Avec Radio Canada

 

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