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ASIE / Moyen-Orient

L'actualité de la semaine en Asie

C’est la troisième fois qu’Israël est accusé d’avoir bombardé la base T4, aussi appelée Tiyas. C’est la première fois, en revanche, que la Russie pointe directement l’État hébreu du doigt, après de premières accusations syriennes erronées visant les États-Unis et la France. « Deux avions F-15 de l’armée israélienne ont frappé l’aérodrome lundi matin entre 03h25 et 03h53 heure de Moscou (00h25 et 00h53 GMT) à l’aide de huit missiles téléguidés depuis le territoire libanais, sans pénétrer dans l’espace aérien syrien », a ainsi affirmé hier matin le ministère russe de la Défense, cité par les agences russes. Sur les huit missiles, cinq auraient été détruits par la défense antiaérienne syrienne, alors que les trois autres ont frappé « la partie occidentale de l’aérodrome », selon le ministère, qui précise qu’aucun ressortissant russe n’a été blessé dans la frappe qu’Israël, comme à son habitude, a refusé de commenter. 

Située dans la province syrienne de Homs, la base T4 n’est pas seulement utilisée par les effectifs du gouvernement de Bachar el-Assad, mais également par la force al-Qods, l’unité d’élite des gardiens de la révolution iraniens, ainsi que par les Russes. La République islamique condamne « fermement l’agression et la frappe aérienne du régime sioniste contre la base aérienne T4 » dans la province de Homs, a ainsi indiqué le ministère iranien des Affaires étrangères dans un communiqué. L’Iran « appelle tous les pays libres (...) à ne pas être indifférents face à cette agression flagrante des sionistes », qui « ne fera que compliquer davantage la situation » en Syrie, a-t-il ajouté. Au moins 14 combattants de diverses nationalités, dont quatre Iraniens, auraient été tués dans cette frappe, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), des informations confirmées un peu plus tôt par l’agence iranienne FARS, proche des gardiens de la révolution.

Ces accusations russes sans précédent laissent présager un tournant dans les relations bilatérales avec l’État hébreu. Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a même dénoncé un « développement très dangereux ». Contrairement aux fois précédentes, Israël aurait prévenu les États-Unis, mais non la Russie, de son projet de frappe, selon Moscou. En soirée, d’autres sources ont affirmé, au contraire, que les conseillers russes de la base T4 auraient quitté les lieux dimanche soir, soit quelques heures à peine avant la frappe israélienne, mais aucune information n’a filtré confirmant ou infirmant ces révélations. La présence de personnel militaire russe n’aurait peut-être pas fait grande différence pour Israël. « Israël veut faire passer le message que la Russie ne peut simplement pas ignorer la présence de forces iraniennes en Syrie », avance Michael Horowitz, spécialiste du Moyen-Orient à LeBeck International, un think tank basé à Bahreïn, alors que la République islamique cherche à s’ancrer davantage en Syrie. Lors d’un sommet tripartite réunissant la Russie, la Turquie et l’Iran à Ankara la semaine dernière, la République islamique aurait reçu l’assurance qu’elle pouvait poursuivre ses activités en Syrie, selon le Haaretz.

Timing israélien
La Russie ferme-t-elle pour autant la porte à Israël, alors que les deux pays ont un accord tacite, notamment dans tout ce qui touche au conflit syrien ? Pas nécessairement, juge M. Horowitz, selon qui Moscou « exprime sa profonde frustration à l’égard de l’État hébreu et veut le responsabiliser en le nommant clairement » comme auteur de la frappe. « C’est contraire à la stratégie israélienne qui vise à maintenir une certaine confusion et une ambiguïté sur ses frappes en Syrie, pour ne pas obliger l’Iran à répliquer et faire, ce faisant, monter la tension d’un cran », ajoute l’analyste.
La frappe israélienne est survenue quelque 24 heures après une attaque à l’arme chimique qui a visé samedi la ville de Douma, dernière poche rebelle dans la Ghouta orientale, et qui a fait plusieurs dizaines de morts et plusieurs centaines de blessés, selon diverses sources. À première vue, rien ne lie les deux événements : il n’existe aucune raison logique de penser que l’État hébreu voudrait punir le gouvernement syrien pour une attaque chimique contre un fief réputé être celui d’un groupe islamiste, Jaïch el-islam. Rien n’indique, non plus, que cette attaque toxique serait partie de la base T4 à Homs. Mais le timing n’est tout de même pas anodin. Dès les premières heures qui ont suivi l’attaque chimique samedi, la communauté internationale, Donald Trump en tête, a tenu des propos virulents contre Damas et ses alliés Moscou et Téhéran. Washington, comme Paris et Londres, a promis une réponse « forte » au massacre de samedi.

Israël n’a pas répondu à la place de Washington. Quand il s’agit de défendre ses propres intérêts dans la région, en Syrie notamment, l’État hébreu agit toujours de manière autonome, quitte à faire cavalier seul. Mais « le timing de l’attaque israélienne vise à inciter Donald Trump à concrétiser ses menaces contre l’Iran et le régime Assad, en montrant que ces frappes sont à la fois possibles, malgré le système de défense russe, et nécessaires », indique M. Horowitz. « La frappe israélienne veut aussi tirer profit du contexte régional qui ne favorise pas une réplique de l’Iran ou du Hezbollah à une frappe israélienne. Le fait que Trump et son administration semblent considérer des frappes en Syrie va, pour Israël, conduire Téhéran à attendre de voir quelle sera la réaction américaine avant de considérer une riposte contre Israël. Si l’Iran réplique, cela accentuera le focus sur l’influence iranienne, ce qui peut être utilisé par Israël. S’il ne répond pas, Israël aura prouvé que les menaces de Hassan Nasrallah et de Téhéran ne valent pas grand-chose... » explique le spécialiste.

Avec L'Orient

 

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