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ASIE / Moyen-Orient

L'actualité de la semaine en Asie

Pressé par les réformateurs de renouer le dialogue avec Washington, alors que les conservateurs l'en dissuadent, le président Hassan Rohani pourrait opter pour des négociations secrètes.

Salué par la branche ultraconservatrice après ses vifs échanges avec Donald Trump, le président iranien, Hassan Rohani, se retrouve dans une situation inconfortable. En effet, le chef d’État américain a proposé lundi 30 juillet la tenue de discussions au plus haut niveau, après avoir proféré des violentes menaces contre Téhéran quelques jours plus tôt.

L’escalade rhétorique entre les dirigeants iranien et américain apparaît comme une aubaine pour les ultraconservateurs, farouchement anti-américains. "Fragilisé sur le plan économique depuis l’échec de l’accord sur le nucléaire iranien, Rohani [un modéré, NDLR] a dû donner des gages aux conservateurs. Pour lui, pour les gardiens de la Révolution et le Guide suprême, il n’y a aucun intérêt à répondre à l’offre de dialogue avec Trump. Il faudrait a minima que les États-Unis reviennent dans l’accord sur le nucléaire", analyse François Nicoullaud, ancien ambassadeur de France en Iran.

 

 

Rohani fragilisé de toutes parts

Pressé par les manifestations contre la chute du rial, le président iranien est également pris en étau entre les conservateurs et les réformateurs. Plusieurs proches de Rohani, se faisant l’écho de nombreux intellectuels iraniens, le poussent à dialoguer avec Washington pour négocier un assouplissement de la pression économique américaine sur le pays. Il faut dire que la crise dans laquelle se retrouve plongée l’Iran a été très nettement aggravée par les réactions du marché à l’approche de la première salve de sanctions américaines prévues pour le 6 août. 

DES MANIFESTATIONS DE COMMERÇANTS À ISPAHAN CONTRE LA CHUTE DU RIA

Pour certains réformateurs, la situation est grave : il s’agit de "sauver l’Iran", a ainsi déclaré Mohsen Hachemi Rafsanjani, membre du Conseil de la ville de Téhéran et fils de l’ancien président Akbar Hachemi Rafsanjani. "La pression qui va découler de l’entrée en application des sanctions [à partir du 6 août, puis en novembre], va nettement compliquer notre situation. La survie de l’Iran dépendra de notre âpre décision, comme celle prise il y a 30 ans [l’armistice avec l’Irak en 1988, après huit années de guerre]" a-t-il tweeté, au lendemain de la main tendue de Donald Trump.

Vers des négociations secrètes ?

Pour autant, des négociations directes avec Donald Trump paraissent impossibles. Elles iraient à l’encontre de l’idéologie anti-américaine du régime iranien. L’hostilité mutuelle entre l’Iran et les États-Unis commande la ligne géopolitique de Téhéran depuis la Révolution de 1979 et la prise d’otages de l’ambassade américaine.

La personnalité de Donald Trump, qui souhaite une rencontre "spectaculaire" à la Nord-Coréenne, pose aussi problème. S'afficher publiquement à ses côtés, après que le Guide suprême iranien l’ait qualifié d’ignorant, de capricieux et d’arrogant, sonnerait comme une humiliation pour le pouvoir iranien.

Dépendant du Guide suprême, à défaut d’avoir la force politique pour assumer une rencontre médiatique avec Washington, Hassan Rohani a l’expérience des négociations secrètes. Avant de devenir président, il a dirigé les négociations sur le dossier nucléaire entre 2003 et 2005. Or par le passé, tout rapprochement avec les États-Unis l’a été par le biais d’entrevues secrètes.

Plusieurs signes laissent deviner que les Iraniens tentent à nouveau d'adopter cette stratégie. En juin, le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, s’est rendu à Oman. La semaine dernière, c’était au tour du ministre des Affaires étrangères omanais, Youssef bin Alawi bin Abdullah, de s'envoler vers Washington et il serait attendu à Téhéran le 3 août. "Il n’est pas impossible que les Omanais s’interposent en ce moment. Ils peuvent jouer le rôle de facilitateurs comme ils l’avaient fait dès 2011-2012, posant les prémices des négociations de l’accord sur le nucléaire de 2015. À l’époque ils avaient garanti le secret, offert des locaux, passé les messages…", explique François Nicoullaud.

Rien n'indique pour le moment que les Américains aient accepté de rencontrer les Iraniens à l’écart des médias. Ces manœuvres diplomatiques permettent surtout de gagner du temps. "Les Iraniens jouent la montre jusqu’aux élections cruciales de mi-mandat et espèrent que Trump se cassera la figure" estime François Nicoullaud. "Du côté américain, Washington craint que les Iraniens ne bloquent, ne serait-ce que quelques jours, le détroit d'Ormuz, ce qui ferait grimper le prix du pétrole et déstabiliserait le marché à l'approche des élections américaines."

Avec France 24

 

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