Des membres d'une milice druze pro-régime dans le sud syrien ont pendu mardi un combattant du groupe Etat islamique (EI), a rapporté une ONG quelques jours après la décapitation par les djihadistes d'un jeune otage de la communauté. L'EI avait kidnappé fin juillet une trentaine de femmes et d'enfants de la communauté druze dans la province méridionale de Soueida, à la faveur d'un assaut particulièrement meurtrier dans cette région: assassinats et attaques suicide coordonnées avaient fait plus de 250 morts.

Le groupe djihadiste a décapité jeudi un des otages, un jeune étudiant de 19 ans. Sa famille a reçu des photos de sa dépouille, ainsi que deux vidéos, provoquant la colère de la communauté.

"Des combattants druzes pro-régime ont réussi à capturer un combattant de l'EI, qui participait à une attaque du groupe djihadiste contre leur position, dans l'est de la province de Deraa", a indiqué le directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), Rami Abdel Rahmane.

"Des miliciens druzes pro-régime ont pendu le combattant de l'EI sur une place publique de la ville de Soueida", a-t-il précisé. Des centaines de personnes ont assisté à cette exécution, a précisé l'Observatoire et le média en ligne local Soueida24.

Le djihadiste avait été interpellé mardi matin, dans un secteur désertique de la province, selon Soueida24.

Durant l'assaut djihadiste, quatre combattants pro-régime ont été tués par un kamikaze, a par ailleurs indiqué M. Abdel Rahmane.

La province de Soueida est dominée par la communauté druze, une branche hétérodoxe de l'islam chiite. Avant le début du conflit syrien en 2011, les druzes représentaient environ 3% de la population syrienne, soit environ 700.000 individus.

Sur ses organes de propagande, l'EI avait revendiqué son assaut du 25 juillet, un des plus meurtriers menés par les djihadistes en Syrie. Mais le groupe était resté muet sur les enlèvements. Mais selon un haut dignitaire religieux druze, les négociations pour la libération des otages se font à travers la Russie, en coordination avec le gouvernement syrien.

Les djihadistes détiennent toujours 14 femmes de la communauté et 15 de leurs enfants. Ils essayent d'utiliser les otages pour obtenir la libération de prisonniers détenus par le régime, selon des sources locales.