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ASIE / Moyen-Orient

L'actualité de la semaine en Asie

Les États-Unis ont encore durci mercredi leurs sanctions économiques contre l'Iran, qui s'est affranchi de deux engagements pris dans le cadre de l'accord international sur son programme nucléaire, dont Donald Trump a claqué la porte il y a un an jour pour jour.

Téhéran a également lancé un ultimatum aux Européens, leur donnant deux mois pour sortir réellement les secteurs pétrolier et bancaire iraniens de leur isolement provoqué par les sanctions américaines, faute de quoi la République islamique renoncera à d'autres engagements.

Mais, à ces deux secteurs, le président des États-Unis a ajouté ceux du fer, de l'acier, de l'aluminium et du cuivre, désormais également visés par des mesures punitives américaines.

« Autoriser l'acier et d'autres métaux iraniens dans vos ports ne sera plus toléré », a martelé Donald Trump à l'intention des autres pays, dans l'espoir de couper les « principales sources de revenus d'exportation du régime après le pétrole », soit 10 % de ses exportations.

Il a menacé de prendre de nouvelles mesures si l'Iran ne « change[ait] pas radicalement d'attitude », tout en réaffirmant son espoir de « rencontrer un jour » ses dirigeants pour « négocier » un nouvel accord.

Ces annonces interviennent dans un climat de tensions exacerbées entre l'Iran et les États-Unis, qui ont annoncé mardi l'envoi de bombardiers B-52 dans le Golfe pour contrer de présumées « attaques imminentes » iraniennes contre les forces américaines.

L'Iran a fait savoir mercredi qu'il cessait de limiter ses réserves d'eau lourde et d'uranium enrichi, revenant sur des restrictions consenties par l'accord conclu à Vienne en juillet 2015. Celui-ci limitait considérablement son programme nucléaire pour empêcher l'Iran de se doter de la bombe atomique.

Le président Hassan Rohani a comparé ces mesures à une « opération chirurgicale » destinée à « sauver » l'accord, « pas à le détruire ». Il a assuré qu'elles étaient conformes à l'accord qui permet de suspendre certains engagements en cas de manquements imputés à une autre partie.

La démarche iranienne a néanmoins alarmé la communauté internationale, et notamment les Européens qui restent très attachés au pacte de 2015 malgré le retrait américain.

Londres a jugé cette démarche « inopportune », Berlin a appelé Téhéran à respecter l'accord « dans sa totalité » et Paris, n'excluant pas de nouvelles sanctions de l'Union européenne, a fait part de sa « préoccupation » en exhortant à éviter toute « escalade ».

Également signataires du texte, Pékin a plaidé pour la « retenue » et le « dialogue » tandis que Moscou a insisté sur l'importance de « convaincre » les Européens de la nécessité de « remplir leurs promesses » - ce que l'UE n'a pas fait, a dit le chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif aux côtés de son homologue russe Sergueï Lavrov à Moscou.

Le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres a quant à lui espéré « fortement » que cette « réussite majeure dans les domaines de la non-prolifération nucléaire et de la diplomatie » puisse « être préservée ».

Validé par une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU, l'accord de Vienne a permis la levée d'une partie des sanctions internationales visant l'Iran.

En échange, Téhéran a accepté de limiter radicalement son programme nucléaire pour qu'il demeure exclusivement civil et pacifique.

Mais jugeant que le texte n'offrait pas de garanties suffisantes, Donald Trump en a retiré les États-Unis le 8 mai 2018 et a rétabli toutes les sanctions américaines.

Celles-ci, enrichies de mesures punitives supplémentaires visant à être « les plus dures de l'histoire », influent lourdement sur l'économie iranienne et rendent pratiquement impossible toute relation commerciale avec d'autres pays.

Les Européens se sont montrés jusqu'ici incapables de permettre à l'Iran de bénéficier des avantages économiques lui ayant été promis en 2015 : le mécanisme de troc qu'ils ont lancé en janvier pour que Téhéran puisse continuer à commercer avec l'Europe en contournant les sanctions américaines n'a encore permis aucune transaction.

Pris à la gorge économiquement, Téhéran donne « 60 jours » à ses partenaires pour « rendre opérationnels leurs engagements, en particulier dans les secteurs pétrolier et bancaire », sous peine de ne plus respecter d'autres clauses de l'accord.

L'ultimatum survient après que les États-Unis, qui ont promis une campagne de « pression maximale » contre Téhéran, ont annulé au début de mai les dérogations qu'ils accordaient à huit pays pour leur permettre d'acheter du pétrole iranien.

Sans réponse satisfaisante en soixante jours, « nous cesserons d'observer » les restrictions consenties sur le degré d'enrichissement de l'uranium, et l'Iran reprendra son projet de construction d'un réacteur à eau lourde à Arak, dans le centre du pays, mis en sommeil conformément à l'accord de Vienne, a prévenu M. Rohani.

Selon Téhéran, les mesures annoncées sont réversibles « à tout moment ». Mais si, au bout de 120 jours, « nous ne sommes pas parvenus à un résultat, une autre mesure sera prise », a ajouté le président iranien.

Pour Robert Kelley, de l'Institut international de Stockholm pour la recherche sur la paix (Sipri) et ancien inspecteur de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), ces annonces n'ont pas « de portée stratégique », l'Iran cherchant surtout à « sauver la face ».

Chargée de vérifier sur le terrain l'application par l'Iran de l'accord de Vienne, l'AIEA a jusqu'à présent toujours attesté que Téhéran respectait ses engagements.

Avec Radio Canada

 

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