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POLITIQUE

L'actualité Politique de la semaine en RDC

Le pape François a décidé samedi d'accroître la pression sur la hiérarchie catholique en ouvrant la voie à la révocation d'évêques coupables de «négligence» face à des cas de pédophilie dans l'Église.

Dans une lettre apostolique intitulée «Comme une mère aimante», le pape rappelle que l'Église «aime tous ses fils, mais soigne et protège avec une affection toute particulière les plus faibles et les sans défense».

C'est pourquoi, ajoute-t-il, ses pasteurs et notamment ses évêques doivent «faire preuve d'une particulière diligence dans la protection des plus faibles parmi les personnes qui lui sont confiées».

Le Droit canon prévoyait déjà que les évêques puissent être révoqués pour «causes graves».

«Avec la présente, j'entends préciser que parmi ces dites "causes graves", est (désormais, ndlr) comprise la négligence des évêques dans l'exercice de leur fonction, en particulier vis-à-vis des cas d'abus sexuels commis sur des mineurs et des adultes vulnérables», écrit Jorge Bergoglio.

Il ne s'agit pas donc d'un décret modifiant une «procédure pénale puisqu'il n'est pas question d'un "délit" commis», précise le porte-parole du Vatican, le père Federico Lombardi, mais de «l'actualisation» d'une disposition du Droit canon déjà existante et qui entrera en vigueur le 5 septembre.

Par ailleurs, dans cette lettre apostolique, le pape distingue deux cas: «dans le cas d'abus sur mineurs, il est suffisant que le manque de diligence soit grave» pour parvenir à la révocation de l'évêque, tandis que dans les autres cas, la négligence doit être «très grave».

La révocation d'un évêque restant un cas particulièrement sensible, François annonce aussi la création d'un collège de juristes, probablement constitué de cardinaux et d'évêques, et chargé de l'assister avant de prononcer toute «décision définitive», précise encore le père Lombardi.

Les évêques incriminés pourront se défendre des accusations de négligence auprès des dicastères (ministères, ndlr) compétents.

Cette actualisation du Droit canon n'a pas d'effet rétro-actif, précise par ailleurs le porte-parole du Vatican.

«PAS DES PROCÉDURES, DES ACTIONS»

Dans un communiqué, la SNAP, une association regroupant des victimes d'abus sexuels de prêtres, s'est dite «extrêmement sceptique» quant à cette décision.

«Nous craignons que (cette nouvelle cause permettant de révoquer des évêques, ndlr) soit utilisée une ou deux fois rapidement puis qu'elle soit oubliée», affirme-t-elle.

«Ce ne sont pas les "procédures" qui protègent les enfants, mais les actions», ajoute la SNAP.

Interrogé par l'agence d'informations catholiques I-Media, le père Lombardi a assuré que cette lettre du pape n'était à lier avec aucune affaire récente en particulier.

L'Église de France est actuellement mise en cause pour des affaires de pédophilie dans le diocèse de Lyon qui éclaboussent le cardinal Philippe Barbarin.

Le 20 mai, le pape l'avait reçu au Vatican, bien que le cardinal soit visé par deux enquêtes préliminaires en France pour, précisément, «non dénonciation» d'agressions sexuelles commises sur de jeunes scouts entre 1986 et 1991 par un prêtre de ce diocèse.

«Si la justice mettait en lumière un grave manquement dans la conduite de ma mission, (une démission) serait effectivement une perspective à envisager. Pour l'heure, ce ne serait pas responsable, ce serait même contraire à mon devoir: on ne quitte pas le navire en pleine tempête!», avait alors assuré le prélat, l'un des plus influents de l'Église de France.

Dans le cadre de ces enquêtes, une nouvelle perquisition a eu lieu cette semaine dans les bureaux de l'archevêché de Lyon, a-t-on appris samedi de sources proches du dossier.

Le pape François a créé au Vatican une instance judiciaire pour juger les prêtres pédophiles, mis en place une commission internationale d'experts chargée de proposer des mesures de prévention et rencontré des victimes à Rome et à Philadelphie.

Mais, à travers le monde, où de nombreux cas d'ecclésiastiques pédophiles ont fait scandale ces dernières années, l'amertume et la déception prédominent parmi les victimes, estimant que l'Église a encore beaucoup à faire pour écarter et punir les coupables.

 


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