
La France a officiellement salué, lundi 27 juillet, l’annonce faite par le président Félix Tshisekedi de l’organisation d’un dialogue national inclusif en République démocratique du Congo. Dans une déclaration publiée par le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, Paris estime que « la tenue effective de ce dialogue contribuera à restaurer la concorde nationale, dans le plein respect de la souveraineté de la RDC ».
Selon le communiqué officiel, la France se félicite que ce processus soit mené « en concertation avec les représentants des principales communautés religieuses et avec le soutien des partenaires régionaux ». Pour la diplomatie française, cette démarche confirme la volonté des autorités congolaises d’œuvrer à une solution politique durable et à la paix dans la région des Grands Lacs.
Paris souligne également que l’objectif affiché – le renforcement de la cohésion nationale et de l’unité du pays dans le respect des institutions et de la Constitution – vient compléter les efforts de médiation déjà engagés sous l’égide des États-Unis, du Qatar et de l’Union africaine, médiations que la France soutient et facilite activement.
L’annonce du dialogue national avait été faite le 17 juillet 2026 par le président Tshisekedi, à l’issue d’une audience accordée aux responsables des principales confessions religieuses du pays (CENCO, ECC, Église de Réveil, communauté musulmane, entre autres). Le cardinal Fridolin Ambongo, archevêque de Kinshasa, avait alors publicisé la décision du chef de l’État d’engager la RDC dans « un dialogue inclusif, apaisé et résolument républicain » destiné à consolider la cohésion nationale.
Cette initiative intervient dans un contexte marqué par la persistance de la crise sécuritaire dans l’Est du pays, où les combats entre les Forces armées de la RDC et les rebelles de l’AFC/M23 se poursuivent, ainsi que par des tensions politiques internes liées notamment au débat sur une éventuelle révision constitutionnelle.
La déclaration française s’inscrit dans la continuité des appels précédemment formulés par plusieurs acteurs congolais et internationaux en faveur d’un dialogue interne. Elle insiste particulièrement sur le respect de la souveraineté de la RDC, un point régulièrement mis en avant par Kinshasa dans ses échanges diplomatiques.
Si la date, le format précis, la liste des participants et l’ordre du jour du dialogue restent encore à préciser, plusieurs institutions congolaises, dont l’Assemblée nationale, ont déjà exprimé leur disponibilité à accompagner ce processus. Des réactions plus réservées, voire hostiles, ont en revanche été enregistrées de la part de certains acteurs de la rébellion dans l’Est.
Pour la France, la réussite de cette initiative dépendra de sa tenue effective et de son caractère véritablement inclusif. Dans un contexte régional encore fragile, Paris estime que ce dialogue interne constitue un élément complémentaire indispensable aux processus de médiation en cours, sans se substituer aux efforts visant à mettre fin à l’insécurité dans l’Est de la RDC.
La déclaration française marque ainsi un soutien clair à la démarche du président Tshisekedi, tout en rappelant les principes de souveraineté et de respect des institutions qui doivent, selon Paris, guider l’ensemble du processus.
Nadine Kibau