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Une semaine après la publication massive de plus de trois millions de nouveaux documents par le Département de la Justice américain (dans le cadre de l’Epstein Files Transparency Act), plusieurs personnalités africaines apparaissent mentionnées. Ces fichiers incluent des courriels, des agendas, des logs de vols et d’autres éléments liés à Jeffrey Epstein, le financier condamné pour trafic sexuel (décédé en 2019).

Important : Être cité ne signifie pas automatiquement une implication dans les crimes d’Epstein. La plupart des mentions concernent des contacts professionnels, des dîners, des échanges financiers ou des voyages humanitaires (notamment en Afrique). Aucune accusation formelle de participation aux abus n’a été rapportée publiquement contre ces figures africaines dans les documents analysés à ce jour.

  1. Karim Wade (Sénégal) Fils de l’ancien président Abdoulaye Wade, il est mentionné dans plusieurs documents. Les références portent sur des liens potentiels dans des affaires d’investissements ou de réseaux d’affaires en Afrique de l’Ouest. France 24 précise que les mentions sont limitées et ne prouvent aucune implication criminelle. Karim Wade, qui a été emprisonné au Sénégal pour enrichissement illicite avant d’être gracié, n’a pas réagi publiquement à ces citations.
  2. Robert Mugabe (Zimbabwe, décédé en 2019) L’ancien président zimbabwéen est cité environ une vingtaine de fois (selon France 24 et BBC Africa). Les documents suggèrent des échanges financiers ou des tentatives de liens d’Epstein avec son régime, potentiellement via des intermédiaires pour des affaires ou des investissements. Aucune preuve d’implication directe dans les activités sexuelles n’est mentionnée. Mugabe est décédé depuis plusieurs années, rendant toute suite judiciaire impossible.
  3. Jacob Zuma (Afrique du Sud) L’ancien président sud-africain est l’un des plus cités parmi les Africains (près de 90 mentions d’après un reportage France 24). Il s’agit principalement d’un échange daté du 4 mars 2010 et de détails sur un dîner organisé en son honneur (possiblement lié à des réseaux d’influence ou philanthropiques). Zuma n’est pas accusé de crimes sexuels dans ces fichiers ; les mentions semblent liées à des contacts sociaux ou politiques. Il n’a pas commenté ces révélations récemment. Des documents évoquent l’influence d’Epstein en Afrique via des ventes d’armes ou de systèmes de surveillance (ex. : Côte d’Ivoire sous Alassane Ouattara, Nigeria, Kenya). Epstein aurait écrit à Ehud Barak (ex-PM israélien) sur des opportunités post-crise en Côte d’Ivoire, et rencontré des membres de la famille Ouattara. Des voyages humanitaires : Epstein a organisé des vols en Afrique (ex. : trip avec Bill Clinton en 2002 pour la Clinton Foundation sur le VIH/SIDA), mais sans impliquer directement des leaders africains dans les abus. Pas de preuves solides pour d’autres noms parfois spéculés sur les réseaux (comme Paul Biya, Denis Sassou-Nguesso, Paul Kagame ou Yoweri Museveni) dans les documents officiels publiés. Ces rumeurs circulent sur les réseaux sociaux mais ne sont pas corroborées par les sources journalistiques.

Les nouveaux fichiers (plus de 3 millions de pages, avec vidéos et images) visent la transparence, mais beaucoup restent redigés ou sans accusation. Epstein utilisait son réseau pour des affaires, des dons et des introductions. Les mentions africaines soulignent surtout son intérêt pour les marchés émergents et les régimes en place, sans lien prouvé avec le trafic sexuel pour ces personnalités.

Aucune des figures citées n’a été inculpée dans le cadre de l’affaire Epstein. Les enquêtes se concentrent toujours sur les victimes et les complices directs (comme Ghislaine Maxwell, en prison)

Magloire Kibau