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Le Zimbabwe a rejeté un accord de financement de 350 millions de dollars proposé par les États-Unis dans le domaine de la santé, invoquant des atteintes à la souveraineté nationale.Selon des sources concordantes (ZimLive, CGTN Africa, Business Insider Africa et d'autres médias), le président Emmerson Mnangagwa a personnellement ordonné l'arrêt des négociations sur ce mémorandum d'entente (MoU), qualifié de « unilatéral », « déséquilibré » (« lopsided ») et compromettant l'indépendance du pays.La décision fait suite à une lettre gouvernementale confidentielle datée du 23 décembre 2025, relayée publiquement ces derniers jours (fin février 2026). Le chef de l'État a explicitement indiqué que le Zimbabwe « doit discontinuer toute négociation avec les États-Unis sur ce MoU manifestement déséquilibré qui compromet ouvertement et sape la souveraineté et l'indépendance du Zimbabwe ».Les points de friction principaux incluent :
  • Une demande américaine d'accès direct aux données sanitaires du Zimbabwe (données épidémiologiques, échantillons viraux, informations sur les citoyens) pendant une période déterminée, perçue comme intrusive et potentiellement liée à des objectifs d'intelligence.
  • Des liens présumés avec l'accès aux ressources minérales critiques du pays (lithium, chrome, etc.), ce qui a renforcé les soupçons d'une conditionnalité cachée.
  • Le cadre global de l'accord, présenté sous l'égide de la stratégie « America First Global Health Strategy » (signée début février 2026 sous l'administration Trump), jugé contraire aux principes de coopération multilatérale, surtout après le retrait américain de l'OMS.
Le gouvernement zimbabwéen a souligné que 16 autres pays africains avaient signé des accords similaires, mais Harare refuse toute condition perçue comme excessive ou attentatoire à sa souveraineté.En réaction, l'ambassade des États-Unis à Harare a exprimé ses « regrets » et annoncé le lancement d'un processus « difficile et regrettable » de retrait progressif de ses programmes d'assistance sanitaire au Zimbabwe (notamment pour le VIH/SIDA, la tuberculose, le paludisme, la santé maternelle et infantile, et la préparation aux épidémies). L'aide américaine, d'un montant potentiel de 367 millions de dollars sur cinq ans selon certaines sources, sera progressivement arrêtée.Cette décision intervient dans un contexte de tensions persistantes entre Harare et Washington, marqué par des sanctions américaines de longue date, des accusations mutuelles et la volonté affichée du régime Mnangagwa de privilégier des partenariats « souverains » (avec la Chine, la Russie, etc.). Elle soulève des débats sur les coûts d'une telle posture pour le système de santé zimbabwéen, déjà fragile.
 
Pascal Kwilu