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Le gouvernement sud-africain a convoqué ce mercredi 11 mars 2026 l'ambassadeur des États-Unis à Pretoria, Leo Brent Bozell III (souvent appelé Brent Bozell), pour qu'il s'explique sur des déclarations récentes considérées comme « non-diplomatiques » par Pretoria.Selon le ministre des Relations internationales et de la Coopération, Ronald Lamola, l'ambassadeur a été reçu au ministère pour une démarche formelle (protestation diplomatique officielle). Bozell, nommé par Donald Trump et arrivé en poste à Pretoria en février 2026, a tenu mardi ses premiers propos publics marquants depuis son arrivée. Il a critiqué le chant de lutte anti-apartheid « Kill the Boer » (Tuez le Boer / Fermier boer), en le qualifiant de « propos haineux » et en remettant en cause la décision d'une cour sud-africaine qui avait précédemment jugé qu'il ne constituait pas un discours de haine.Ces remarques ont provoqué une vive réaction en Afrique du Sud, où le chant est historiquement associé à la lutte pour la libération et où le gouvernement ANC (Congrès national africain) défend fermement son statut culturel et judiciaire. Lamola a déclaré : « Nous avons convoqué l'ambassadeur des États-Unis, l'ambassadeur Bozell, pour qu'il explique ses propos non-diplomatiques. »Ce nouvel incident s'inscrit dans un contexte de tensions diplomatiques accrues entre Washington et Pretoria depuis le retour de Trump à la Maison Blanche :
  • Expulsion de l'ancien ambassadeur sud-africain aux États-Unis (Ebrahim Rasool) déclaré persona non grata en 2025.
  • Imposition de droits de douane élevés (jusqu'à 30 %) sur de nombreuses exportations sud-africaines.
  • Critiques américaines récurrentes sur les politiques de transformation économique (BEE/DEI), la plainte sud-africaine contre Israël à la CIJ pour « génocide » à Gaza, et les relations de l'Afrique du Sud avec la Russie et l'Iran.
Bozell, issu d'un milieu conservateur américain (fils du fondateur de Media Research Center), manque d'expérience diplomatique traditionnelle et incarne une ligne dure trumpiste. Certains médias sud-africains appellent déjà à son expulsion ou à une réponse plus ferme, qualifiant son attitude d'« arrogante » et d'ingérence dans les affaires internes.La situation reste tendue, avec des risques d'escalade si l'ambassadeur ne présente pas d'excuses ou de recul public. Des sources indiquent que Bozell pourrait avoir tenté de nuancer ses propos après coup, en affirmant « respecter » la décision de justice sud-africaine, mais cela n'a pas suffi à apaiser Pretoria pour l'instant.
 
Magloire Kibau