
L'ex président Patrice Talon
Le Bénin vit actuellement une période de transition politique majeure après la victoire écrasante de Romuald Wadagni à l’élection présidentielle du 12 avril 2026. La Cour constitutionnelle a proclamé jeudi 16 avril les résultats définitifs : le ministre d’État chargé de l’Économie et des Finances, dauphin du président sortant Patrice Talon, remporte le scrutin dès le premier tour avec environ 94,05 % à 94,27 % des voix contre seulement 5,73 % à 5,95 % pour son unique adversaire, Paul Hounkpè du parti FCBE. Le taux de participation officiel oscille entre 58,75 % (selon la CENA) et 63,57 % (selon la Cour constitutionnelle). Paul Hounkpè a rapidement reconnu sa défaite et adressé ses félicitations au vainqueur.
Cette élection, marquée par l’absence du principal parti d’opposition « Les Démocrates » faute de parrainages suffisants, assure une forte continuité du modèle de gouvernance initié par Patrice Talon depuis 2016. Romuald Wadagni, technocrate de 49 ans, devrait prêter serment dans les prochaines semaines et poursuivre les réformes économiques, la modernisation des infrastructures et l’industrialisation du pays.Parallèlement, un fait divers politico-judiciaire a retenu l’attention : l’influenceur panafricaniste Kémi Séba (de son vrai nom Stellio Gilles Robert Capo Chichi), farouche critique de la France et de certains régimes africains, a été arrêté en Afrique du Sud le lundi 13 ou mercredi 15 avril 2026, en compagnie de son fils. La police sud-africaine a confirmé la procédure d’extradition vers le Bénin, où il fait l’objet d’un mandat d’arrêt international émis en décembre 2025 pour « incitation à la rébellion », « apologie de crimes contre l’État » et soutien présumé à la tentative de mutinerie ou de coup d’État de décembre 2025. Son interpellation initiale est liée à des faits de facilitation d’entrée illégale au Zimbabwe via le fleuve Limpopo. Sa comparution a été reportée au 20 avril et il reste en détention provisoire en attendant les suites judiciaires.Sur le plan économique, le Bénin continue d’afficher des perspectives positives. Le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale maintiennent des prévisions de croissance élevées, autour de 7 % en 2026, ce qui placerait le pays en tête de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA).
Ces projections saluent la résilience économique, les réformes structurelles, la digitalisation de l’administration et la diversification des investissements, malgré un contexte régional marqué par l’insécurité dans le nord du pays et les tensions avec l’Alliance des États du Sahel. Enfin, la 10e législature de l’Assemblée nationale a ouvert sa première session ordinaire 2026, avec l’investiture de Joseph Djogbénou comme président de l’institution. Le pays reste globalement stable, mais ces événements soulèvent des débats sur la vitalité du pluralisme démocratique et sur les futures priorités du nouveau président : lutte contre la pauvreté, renforcement des infrastructures et recherche d’une gouvernance plus inclusive.
Jcc Ngoy