
Plusieurs chefs d'État sont attendus ce jeudi 18 juin à Accra pour la deuxième journée du sommet consacré aux réparations liées à l'esclavage et au colonialisme. Après une première journée de discussions techniques à huis clos, place désormais aux responsables politiques, avec un objectif : tenter de transformer en mesures concrètes l'élan créé par la récente résolution des Nations unies sur les conséquences de l'esclavage. Sur la côte ghanéenne, à Cape Coast, où l'histoire de la traite négrière reste omniprésente, le débat trouve une résonance particulière.
Le son des vagues couvre aujourd'hui les cris et les souffrances du passé. Dans ce château, l'un des principaux points de départ de la traite transatlantique, le sommet sur les réparations liées à l'esclavage et au colonialisme, qui se tient à Accra, suscite beaucoup d'attentes.
C'est le cas d'Ato Eshun, responsable régional des musées et monuments du Ghana. « Il était temps que ce débat ait lieu. Il arrive tard, mais il va dans la bonne direction, estime-t-il. Lorsqu’un mal d’une telle ampleur a été commis et que personne n’en assume la responsabilité, cela donne l’impression que tout cela était normal. »
Mais derrière le mot « réparations », chacun met une réalité différente.
Les « réparations », sources de questionnements
Pour Daphne Ocran, venue visiter le château avec sa famille, il est important de se souvenir. « Si l’on ne comprend pas ce qui a été perdu, on ne peut pas comprendre ce que ça signifie de réparer », dit-elle. Sa mère, Giftey Ocran, s'interroge, elle, sur la forme que pourraient prendre ces réparations. « Je me demande qui bénéficiera réellement de ces réparations. Personnellement, je préférerais que l’on investisse dans le pays, dans les populations. Qu’on construise des hôpitaux, qu’on finance des projets d’envergure dont le plus grand nombre pourra bénéficier », explique-t-elle.
À Cape Coast, le mot « réparations » suscite autant d'espoir que de questions. Des questions auxquelles les dirigeants réunis à Accra tenteront désormais de répondre.
Christina Okello / rfi