
Le gouvernement burkinabè a déclaré persona non grata deux hauts responsables de la délégation de l’Union européenne à Ouagadougou et leur a donné 48 heures pour quitter le territoire national, une décision annoncée ce mercredi 15 juillet 2026 qui marque une nouvelle escalade dans les tensions entre le Burkina Faso dirigé par la junte du capitaine Ibrahim Traoré et les institutions européennes.
Les autorités burkinabè reprochent aux deux diplomates des activités jugées incompatibles avec leur statut et des ingérences dans les affaires intérieures du pays, affirmant que ces actes portent atteinte à la souveraineté nationale. Cette expulsion intervient dans un contexte de forte méfiance entre Ouagadougou et plusieurs partenaires occidentaux depuis les coups d’État successifs de 2022, le Burkina Faso ayant déjà expulsé l’ambassadeur de France en 2023, suspendu plusieurs médias occidentaux et réorienté ses alliances vers la Russie, la Turquie et d’autres pays non traditionnels.
L’Union européenne a exprimé ses regrets tout en indiquant qu’elle analyserait la situation avant de répondre, ce qui risque de compliquer davantage la coopération au développement, l’aide humanitaire et les programmes de sécurité dans un Sahel où les régimes militaires adoptent une ligne souverainiste très affirmée. Cette mesure illustre la volonté des autorités de transition burkinabè de marquer leur indépendance vis-à-vis des partenaires occidentaux, au moment où le pays fait face à une insurrection djihadiste persistante et à une transition politique prolongée, suscitant des critiques répétées sur la situation des droits humains et la gouvernance.
L’incident pourrait entraîner une réduction des financements européens et une nouvelle isolation diplomatique du Burkina, tout en renforçant le discours anti-impérialiste porté par la junte auprès de la population.
Nadine Kibau