
Le candidat à la présidentielle centrafricaine, Anicet-Georges Dologuélé, dépose son bulletin de vote le 30 décembre 2015. Photo : GI/ISSOUF SANOGO
Les bureaux de vote ont ouvert en Centrafrique pour des élections présidentielles et législatives qui visent à rétablir la règle démocratique dans un pays divisé où les violences communautaires ont fait des milliers de morts.
Des files d'attente se sont formées à Bangui, notamment dans le quartier PK-5 à majorité musulmane. Les Casques bleus de la Minusca, la mission de l'ONU en Centrafrique, patrouillaient dans les rues de la capitale et des transports de troupes blindés étaient positionnés devant les bureaux.
« Nous sommes venus voter parce que nous voulons être libres de reprendre notre métier. Nous voulons la fin de ce conflit », a déclaré Gradias Vara, un homme d'affaires.
Les bureaux de vote fermeront à 17 h. Des résultats provisoires seront dévoilés dans les jours suivants. La Cour constitutionnelle a 15 jours pour proclamer les résultats définitifs.
Trente candidats à la présidence
Quelque trente candidats briguent la présidence. En l'absence de sondage d'opinion, il est difficile de prédire qui l'emportera.
Parmi les candidats les plus en vue figurent les anciens premiers ministres Anicet-Georges Dologuélé (1999-2001), soutenu par le parti de l'ex-président centrafricain François Bozizé, et Martin Ziguélé (2001-2003).
Ce dernier a reçu mardi un soutien de taille avec le ralliement à sa candidature des milices chrétiennes « anti-balaka ».
L'ancien ministre des Affaires étrangères Karim Meckassoua, et Bilal Désiré Nzanga-Kolingba, fils d'un ancien président, comptent parmi les autres candidats bien placés.
Les membres ou anciens membres du gouvernement de transition, au premier rang desquels la présidente intérimaire Catherine Samba-Panza, en place depuis 2014, n'ont pas été autorisés à se présenter.
Catherine Samba-Panza, présidente par intérim de la République centrafricaine. Photo : AFP/ERIC FEFERBERGDes élections fort attendues
Les élections à la présidence et à l'Assemblée nationale, plusieurs fois repoussées, étaient à l'origine prévues dimanche. Un problème d'acheminement des urnes et de formation des assesseurs a obligé ce report de trois jours.
En septembre, les troubles qui avaient éclaté dans la capitale, Bangui, avaient déjà contraint les autorités à retarder le scrutin.
Le pays, majoritairement chrétien, a basculé dans la violence en 2013 après la prise du pouvoir en début d'année par un groupe de rebelles musulmans, appelé Séléka, qui a renversé le président François Bozizé. Ce coup de force a suscité des représailles de la part des milices chrétiennes anti-balaka.
L'enchaînement des violences a contraint près de 20 % des cinq millions de Centrafricains à fuir leur domicile et laissé l'essentiel du nord et de l'est du pays aux mains des groupes musulmans qui refusent d'obéir au gouvernement de transition.
Un nouvelle constitution marquée par la violence
Juste avant les élections, la Centrafrique a approuvé par référendum, les 13 et 14 décembre dernier, une nouvelle constitution. Cette consultation a été marquée par des violences dans le quartier de PK-5 à Bangui.
Or, selon la Britannique Diane Corner, chef adjointe de la Minusca, le référendum s'est déroulé normalement dans 80 % des bureaux de vote du pays.
Le déroulement du référendum a également été perturbé à Bossangoa, un fief de l'ex-président Bozizé, ainsi que dans certaines parties du nord-est sous le contrôle des groupes musulmans.
Le désarmement des différentes factions, qui n'a pu être mené à bien avant les scrutins de mercredi, sera un des grands défis du futur président.
Avec reuters/Radio Canada