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Il aura fallu attendre environ deux ans avant de voir se matérialiser le réengagement du Canada dans les missions de paix des Nations unies, mais c'est désormais chose faite : le gouvernement Trudeau a annoncé lundi le déploiement prochain de Casques bleus canadiens au Mali.

La contribution canadienne prendra la forme d'une force opérationnelle aérienne auprès de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) pour une période de 12 mois.

La ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, et le ministre de la Défense, Harjit Sajjan, ont dévoilé en conférence de presse les grandes lignes de cette contribution à la périlleuse mission qu'est la MINUSMA.

Les Canadiens fourniront deux hélicoptères Chinook pour assurer une capacité urgente de transport et de logistique et deux hélicoptères Griffon pour assurer une escorte et une protection armées. On ignore pour l'instant combien de militaires canadiens feront partie de la mission. 

« Je ne peux pas vous donner un chiffre maintenant », a déclaré le ministre Sajjan, expliquant que les détails seront connus lorsque les Forces armées canadiennes auront étudié davantage les besoins de la MINUSMA et pris en compte leurs capacités.

« Ça va absolument faire une différence sur le terrain », a assuré la ministre Freeland avant de quitter le bref point de presse où les deux ministres ont fait leur annonce.

On a pu apprendre aussi que le contingent qu'enverra le Canada dans cette mission onusienne comptera un grand nombre de femmes, conformément aux objectifs du plan d'action 2017-2022 dévoilé en novembre dernier, qui vise à accroître la représentativité féminine dans des missions multilatérales d'appui à la paix.

L'envoi de troupes au Mali représente « un pas dans la bonne direction », bien qu'il s'agisse d'une participation somme toute « modeste et limitée dans le temps », a réagi dans un courriel le politologue Jocelyn Coulon, spécialiste en opération de paix.

Celui qui fut l'un des conseillers de l'ancien ministre des Affaires étrangères Stéphane Dion se demande par ailleurs pourquoi le gouvernement libéral a « procrastiné aussi longtemps » alors que « tous ces éléments étaient prêts à être déployés en 2016, début 2017 ».

 

Avec la Presse