
Son taux est aujourd'hui estimé en Algérie, d'après les données du Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef), à près de 9%.
L'abandon scolaire ou encore la violence au sein des structures éducatives sont autant de facteurs qui conduisent à la déperdition scolaire. Son taux est aujourd'hui estimé en Algérie, d'après les données du Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef) à près de 9%, soit quelque 700.000 élèves qui se retrouvent livrés à eux-mêmes. Ce chiffre édifiant parle de lui-même.
Il démontre que l'impact de ce phénomène n'est pas des moindres et que des mesures urgentes s'imposent pour l'endiguer avant qu'il s'étende davantage et que la situation ne devienne irréversible. Pourtant, ce nombre est considéré comme le plus faible de la région du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord (Mena).
Si l'on se fie aux études réalisées à cet effet, il ressort que les origines sont souvent imputées à «des conflits relationnels qui opposent l'élève et l'enseignant, une quasi absence de conseiller pédagogique». Il est également relevé que la situation sociale de l'élève compte dans son évolution scolaire. Par ailleurs, ces causes ont incité certains élèves à quitter parfois très tôt les bancs de l'école. Dans certains cas, le comportement d'un élève perturbateur peut lui coûter une exclusion définitive de l'établissement où il suit ses cours. D'un autre côté, l'inconscience de certains élèves a quelque peu participé à aggraver la situation. C'est ce qu'illustre d'ailleurs le nouveau phénomène qui s'est emparé de certaines classes d'examens, lesquelles ont enregistré un nombre important d'absents au troisième trimestre de l'année scolaires. Des enseignants ont d'ailleurs tiré la sonnette d'alarme, dénonçant ce comportement, en appelant les parents d'élèves afin de réagir en suivant leurs enfants.
Il semblerait que depuis les vacances de printemps, la plupart des élèves qui passeront leurs examens du bac et du BEM, n'ont pas vu l'utilité de revenir en classe pour achever leur programme scolaire. Conscients de l'impact préjudiciable de ce fléau sur la communauté éducative, différents représentants ministériels de divers secteurs, des spécialistes dans les sciences éducatives et sociales ainsi que des associations de la société civile ont remis cette problématique au centre des débats, jeudi dernier à Alger, en marge d'une conférence sous l'intitulé «la déperdition scolaire et son impact sur la société.» Selon la représentante du ministère de l'Education nationale, Mizaïb Samia, «il est difficile de calculer le taux de déperdition scolaire, d'autant que plusieurs secteurs prennent en charge la formation et l'enseignement des jeunes exclus des établissements scolaires.»
Elle a encore indiqué que l'Observatoire national de l'éducation et de la formation effectue des études sur le terrain, concernant le phénomène de la déperdition scolaire qui permettront de trouver des solutions à ce phénomène et de réduire la déperdition scolaire à l'avenir. Les participants à cette rencontre ont ainsi appelé les autorités compétentes à «trouver les solutions idoines» afin d'inverser la tendance. Ils ont par ailleurs présenté les différentes solutions pédagogiques devant faire face à ce phénomène qui mène à la violence et à la criminalité. Pour sa part, la présidente de l'association «Iqraa», Aïcha Barki, a soutenu dans ce sens que «les résultats encourageants obtenus en matière de lutte contre l'analphabétisme dont le taux est estimé actuellement à 10,16%, reflètent la volonté politique visant l'élimination de ce fléau.»