Le vent tourne dans le paysage politique tchadien. Il était, hier, l’un des alliés du président tchadien Idriss Déby, et il se dit aujourd’hui victime d’une tentative d’assassinat fomentée par ce dernier.

Yaya Dillo, ministre sous Idriss Déby en 2008, est devenu l’un des opposants politiques du président. Le 28 février, à N’Djamena, il a vu son domicile encerclé par plusieurs hommes armés puis a été attaqué, raconte Al-Jazeera. Le feu a été ouvert autour de la maison et l’incident a trouvé une issue tragique. Peu après que Yaya Dillo a déclaré sur les réseaux sociaux que sa mère et son fils avaient été tués, atteints par des tirs, rapporte Tchad Infos, Internet a cessé de fonctionner à N’Djamena.

Un timing troublant

Après l’incident, les versions diffèrent. Pour certains, l’affaire a pris des airs de tentative de muselage d’un opposant politique dérangeant. Yaya Dillo figure parmi les candidats à l’élection présidentielle du 11 avril 2021. Le gouvernement pour sa part a justifié, par l’intermédiaire d’un communiqué officiel, l’intervention armée en la présentant comme “une mission de police judiciaire”, observe Aujourd’hui au Faso. En effet, l’homme, poursuivi pour diffamation et injures par deux mandats judiciaires, avait ignoré ses convocations successives. Et la personne à l’origine de la plainte n’est autre que la première dame, Hinda Déby Itno. L’homme avait dénoncé publiquement un conflit d’intérêts entre sa fondation et le gouvernement.

À l’approche du scrutin présidentiel tchadien du 11 avril, cette attaque sonne comme une preuve du pouvoir de plus en plus autoritaire du maréchal Idriss Déby, s’insurge le candidat d’opposition. Pour cause, trente et un ans après son arrivée à la tête du pays, il a eu recours à une modification de la Constitution, lui permettant d’être investi candidat à un sixième mandat. À l’annonce de cet amendement, des manifestations avaient eu lieu dans les rues de la capitale, qui avaient été sévèrement réprimées, à grand renfort de gaz lacrymogènes.