
Les deux agents qui ont tué Alex Pretti à Minneapolis le 25 janvier 2026 ont été suspendus. Une annonce qui arrive alors que le gouvernement Trump voit la désapprobation de sa politique migratoire monter dans les sondages et qu'il semble chercher à désamorcer la situation de ces derniers jours. Mais sur place, plusieurs militants manifestant contre les agents fédéraux de l'immigration (ICE) constatent toujours la présence de ces agents et ne voient aucun changement.
À Minneapolis, dans le Minnesota, garé sur le bord de la route, Walt [un surnom, ndlr], un « ICE watcher » - un observateur des agents fédéraux de l'immigration (ICE) - scrute le passage des voitures. Cela fait plusieurs semaines qu’il est un observateur patrouillant six heures par jour, presque tous les jours, à l’affût d’un agent de l’ICE, rapporte notre envoyé spécial à Minneapolis, Edward Maille.
« Je regarde juste pour voir si ce gros pick-up avec les vitres teintées était l’ICE, explique Walt. Parfois, ils passent et vous vous dites juste "mon Dieu, ils sont encore là". » D'un coup, un véhicule passe devant lui, aucun doute, il s’agit bien de l’ICE, dit-il. Il klaxonne pour prévenir les voisins.
Le trentenaire n’a constaté aucun changement dans le nombre d’agents dans le quartier cette semaine, comme au lendemain du meurtre d’Alex Pretti quand il se réveille pour découvrir devant chez lui des agents de l’ICE : « Ma femme a regardé par la fenêtre et a vu l’ICE garée devant notre maison près d’un arrêt de bus où les enfants sont récupérés et déposés pour l’école », raconte Walt.
Walt s’énerve quand il entend dire que la situation se calme à Minneapolis. La légère marche arrière de Donald Trump cette semaine n’est qu’une diversion, dit-il. « Si vous regardez ce qu’il se passe en réalité, la situation est de plus en plus explosive et l'ICE est toujours très présente ici », déclare Walt.
Mardi 27 janvier, l’Équateur a même dénoncé une tentative d’intrusion dans son consulat de Minneapolis par un agent fédéral, encore un cas d’enfreinte aux règles et d’absence de changement dans les méthodes de l’ICE.
Des mesures anti-ICE prises dans des États démocrates
Depuis la mort d'Alex Pretti, la grogne monte dans plusieurs États américains qui préparent des mesures anti-ICE. Depuis quelques semaines, une avalanche de textes est présentée devant les Parlements locaux afin de limiter le périmètre des agents fédéraux. Et ces États ont un point commun : ce sont tous des États démocrates.
Le Colorado, par exemple, qui a voté pour Kamala Harris à la présidentielle, veut autoriser ses habitants à poursuivre les agents fédéraux qui violeraient leurs droits civiques, rapporte notre correspondant à Washington, Vincent Souriau.
Le Delaware, l’État de Joe Biden, s’attaque de son côté aux compagnies aériennes qui bénéficient d’exemptions fiscales sur leur carburant. Aux termes d’un texte en préparation dans cet État, si un avionneur transporte des suspects arrêtés par l’agence ICE sans réquisition judiciaire, il perdra ses avantages fiscaux sur le kérosène.
En Californie, deux propositions de loi ont été faites dans la foulée de la mort d’Alex Pretti. La première stipule qu'en cas de décès causé par la police fédérale de l’immigration, une enquête des autorités locales est obligatoire. La deuxième proposition vise à empêcher l'ICE d’utiliser des infrastructures publiques californiennes.
Interrogée au sujet de ces initiatives locales, la Maison Blanche estime « que les démocrates affaiblissent l’État de droit afin de protéger des criminels étrangers ».
rfi