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Le représentant permanent de l’Iran auprès des Nations Unies à Genève, Ali Bahreini, a déclaré ce mardi 3 mars 2026 que Téhéran n’avait aucun intérêt immédiat à engager de nouvelles négociations avec les États-Unis, alors que les frappes conjointes américano-israéliennes contre l’Iran entrent dans leur quatrième jour.Selon des déclarations rapportées par Reuters, TRT World et plusieurs publications sur les réseaux sociaux, Bahreini a affirmé que l’Iran n’avait contacté ni directement ni indirectement Washington pour des pourparlers de désescalade ou pour reprendre les discussions sur le programme nucléaire. Il a souligné que, pour l’instant, Téhéran était très dubitatif quant à l’utilité de toute négociation, estimant que « la seule langue pour parler avec les États-Unis est la langue de la défense ».
 
Cette position marque un rejet clair de toute reprise diplomatique tant que les opérations militaires se poursuivent, contrastant fortement avec les appels internationaux lancés par l’ONU, la France, la Chine, la Russie et plusieurs pays européens à un retour immédiat au dialogue. Elle s’inscrit dans un contexte d’escalade intense : les frappes américano-israéliennes, baptisées « Epic Fury », visent à détruire les capacités militaires, nucléaires et de commandement iraniennes, après la mort du Guide suprême Ali Khamenei le 28 février 2026.L’Iran a riposté par des salves massives de missiles et de drones contre Israël, des bases américaines et alliées dans la région (y compris une attaque sur l’ambassade américaine à Ryad), tout en menaçant la navigation dans le détroit d’Ormuz. Le président américain Donald Trump a réaffirmé que les négociations étaient « trop tard » et que l’opération pourrait durer quatre à cinq semaines ou plus, avec des capacités « illimitées ». D’autres responsables iraniens, comme Ali Larijani, secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale, ont également déclaré que l’Iran « ne négocierait pas avec les États-Unis » dans les conditions actuelles.Cette fermeté intervient alors qu’un conseil intérimaire gère temporairement le pays après la mort de Khamenei, en attendant que l’Assemblée des experts désigne un nouveau Guide suprême. À New York, l’ambassadeur iranien Amir-Saeid Iravani a condamné les frappes comme une violation flagrante du droit international, insistant sur le caractère pacifique du programme nucléaire iranien et accusant Washington d’avoir privilégié la force à la diplomatie.
 
La déclaration de Bahreini renforce la ligne dure adoptée par Téhéran : pas de discussions sous la contrainte militaire, et priorité absolue à une riposte défensive. Cette posture complique les efforts de médiation menés par Oman, l’ONU ou l’Europe, et accroît les risques d’élargissement du conflit régional, avec des conséquences économiques mondiales (flambée des prix du pétrole) et humanitaires de plus en plus graves. Aucune preuve de contacts secrets n’a été confirmée à ce jour, et les deux camps maintiennent une rhétorique intransigeante.
 
Patrick Kiwewa