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Le Premier ministre irakien, Mohamed Chia al-Soudani, a demandé aux États-Unis de ne pas utiliser l’espace aérien irakien pour mener des attaques contre des pays voisins, dans le cadre de l’escalade du conflit au Moyen-Orient opposant les États-Unis et Israël à l’Iran.Cette requête a été formulée lors d’un appel téléphonique avec le secrétaire d’État américain Marco Rubio, le mardi 10 mars 2026. Selon un communiqué officiel du bureau du Premier ministre irakien, al-Soudani a souligné « l’importance de garantir que l’espace aérien, le territoire et les eaux territoriales de l’Irak ne soient pas utilisés pour des actions militaires visant des pays voisins ou la région ».
 
Il a fermement rejeté « toute tentative d’entraîner l’Irak dans les conflits en cours » et condamné « toute violation de son espace aérien par quelque partie que ce soit ».Depuis le lancement des frappes massives américano-israéliennes contre l’Iran le 28 février 2026, l’espace aérien irakien est devenu un corridor stratégique majeur pour les avions de combat, missiles et drones impliqués dans les opérations. L’Irak, frontalier direct de l’Iran, se retrouve au cœur du conflit : des appareils et projectiles traversent régulièrement son ciel, des représailles iraniennes ou de milices pro-Téhéran visent des bases américaines (notamment au Kurdistan irakien), et des incidents quasi-quotidiens – interceptions de drones à Erbil, roquettes près de l’ambassade US à Bagdad – se multiplient. L’espace aérien irakien reste fermé à la circulation civile depuis fin février, avec des prolongations successives (la dernière de 72 heures confirmée récemment), paralysant les vols commerciaux et accentuant les tensions internes.Bagdad cherche à réaffirmer sa souveraineté et à éviter d’être perçu comme un complice ou une base de lancement pour les opérations contre l’Iran ou d’autres voisins (y compris dans le Golfe ou en Syrie).
 
Cette position s’inscrit dans une tentative de neutralité relative, malgré la présence persistante de forces américaines sur le sol irakien et les pressions exercées par les factions pro-iraniennes au sein du pays. Du côté américain, le porte-parole du Département d’État, Tommy Pigott, a indiqué que Marco Rubio a « fermement condamné les attaques terroristes » menées par l’Iran et les milices alignées en Irak (y compris au Kurdistan), tout en appelant Bagdad à protéger les personnels et installations diplomatiques US. Ces échanges interviennent dans un contexte de forte volatilité régionale, où l’Irak – historiquement terrain de proxy entre Washington et Téhéran – risque d’être davantage entraîné dans l’escalade, comme en témoignent les frappes récentes sur des positions pro-iraniennes et les représailles ciblant des bases américaines.
 
Magloire kibau / Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.