
Le détroit d'Ormuz, l'un des passages maritimes les plus stratégiques au monde par lequel transite environ 20 % du pétrole mondial et une part significative du gaz naturel liquéfié, est au cœur d'une escalade majeure depuis le déclenchement de la guerre entre l'Iran, les États-Unis et Israël le 28 février 2026.L'Iran intensifie ses actions dans et autour de cette voie étroite (large de seulement 33 km à son point le plus étroit), en riposte aux frappes massives américano-israéliennes (opération Epic Fury) qui ont visé des sites militaires, nucléaires et de commandement iraniens, entraînant notamment la mort du Guide suprême Ali Khamenei.Téhéran a multiplié les menaces et les actes concrets pour perturber le trafic :
- Les Gardiens de la Révolution (IRGC) ont posé des mines navales et menacé de « brûler » tout navire tentant de franchir le détroit sans leur autorisation.
- Plusieurs pétroliers et cargos ont été visés par des drones explosifs ou des projectiles (ex. : le pétrolier Prima le 7 mars, le Skylight début mars, et un cargo touché le 11 mars provoquant un incendie et l'évacuation de l'équipage).
- Le trafic commercial est de facto paralysé : le nombre de transits quotidiens est passé d'environ 138 à seulement 9 ou moins par jour, avec plus de 200 (voire jusqu'à 3 200 selon certaines estimations) navires bloqués dans le Golfe persique ou au mouillage. Seuls quelques navires (souvent chinois ou sous pavillon complaisant) semblent bénéficier d'un passage toléré.
Alain Lusanga