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Après plusieurs années de relative accalmie, le conflit yéménite a repris avec une intensité que le pays n’avait plus connue depuis longtemps. Au début du mois de septembre 2026, les forces houthies ont lancé une offensive rapide et concentrée le long du littoral occidental. En quelques jours, elles ont pris le port de Mokha, progressé jusqu’au détroit de Bab el-Mandeb et établi leur présence sur des îles stratégiques, notamment Périm. Ce mouvement leur a permis de contrôler une large portion de la côte de la mer Rouge et d’exercer une influence directe sur l’un des passages maritimes les plus sensibles du monde.
 
Cette avancée a pris de court les forces du gouvernement reconnu internationalement, appuyées par l’Arabie saoudite. Les troupes gouvernementales se sont repliées, laissant derrière elles un territoire important et des positions qui avaient été consolidées pendant des années. Les Houthis ont ainsi renforcé leur position non seulement sur le terrain, mais aussi dans le rapport de force régional : le détroit de Bab el-Mandeb est devenu un levier supplémentaire dans un contexte où d’autres routes maritimes, comme celle d’Ormuz, sont déjà fortement perturbées.
 
Face à cette perte de terrain, les autorités yéménites ont annoncé une contre-offensive de grande ampleur, baptisée « Aube du Yémen ». L’objectif affiché est de reprendre les zones perdues et, à terme, de reconquérir l’ensemble des territoires sous contrôle houthi, y compris la capitale Sanaa. Soutenue par une campagne aérienne saoudienne intensive, cette opération a permis de relancer les combats sur plusieurs fronts, notamment autour de Taiz et dans les secteurs proches de Bab el-Mandeb. Les forces gouvernementales revendiquent des progrès et des frappes nombreuses contre les positions adverses, tandis que les Houthis affirment tenir leurs lignes et continuer leurs propres opérations.
 
Parallèlement, le conflit a débordé hors des frontières yéménites. Les Houthis ont multiplié les tirs de missiles et de drones vers le territoire saoudien, visant notamment des aéroports et des installations énergétiques. Riyad a répondu par des bombardements sur les zones contrôlées par les Houthis. Cette escalade a ravivé les tensions entre les deux camps et rappelé les périodes les plus dures de la guerre précédente.
 
Sur le plan humanitaire, les conséquences se font déjà sentir. Les combats ont provoqué de nouveaux déplacements de population, en particulier dans les régions de Taiz et du littoral ouest. Les civils, déjà éprouvés par des années de conflit, subissent à nouveau les effets des frappes aériennes, des combats au sol et des interruptions de services. L’ONU a constaté que le pays était retombé dans une logique de guerre à grande échelle, avec des victimes civiles et un risque d’aggravation durable de la crise.
 
Aujourd’hui, la situation reste mouvante. Le gouvernement cherche à inverser les gains houthis de septembre, tandis que les forces d’Ansar Allah tentent de consolider leurs nouvelles positions et d’exercer une pression continue sur l’Arabie saoudite. Les deux camps poursuivent des opérations militaires, les bilans sont difficiles à vérifier de façon indépendante, et aucune perspective de négociation sérieuse n’a encore émergé. Le Yémen se retrouve ainsi au cœur d’une nouvelle phase de confrontation dont l’issue dépendra autant des combats au sol que des équilibres régionaux plus larges.
 
Pascal Kwilu