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ÉCONOMIE

L'actualité économique de la semaine en RDC

Le Congolais Kalaa Mpinga a été poussé à quitter la direction de l'entreprise minière Mwana Africa, en raison de désaccords avec ses actionnaires chinois. Il est revenu, pour "Jeune Afrique", sur les dessous de ce départ.

Au terme de plus d’une année de dissensions entre Kalaa Mpinga, le fondateur du groupe minier Mwana Africa, et ses actionnaires chinois, le Congolais quitte la direction de l’entreprise, active dans le diamant, l’or et le nickel en RD Congo, au Zimbabwe et en Afrique du Sud.

Sa décision fait suite au vote de défiance orchestré par les Chinois lors d’une assemblée générale extraordinaire convoquée le 8 juin à Londres. « J’ai tenté de me battre pour garder l’indépendance du groupe et son développement en Afrique, mais nous n’étions plus sur la longueur d’onde avec les actionnaires chinois », confie Kalaa Mpinga, joint par Jeune Afrique le 10 juin à Londres, où Mwana Africa, coté sur le marché alternatif (AIM), a subi une chute de sa capitalisation boursière de 85 % en cinq ans, suite à la baisse des cours miniers et aux inquiétudes des investisseurs sur le Zimbabwe et la RD Congo.

China International Mining Group Corporation (CIMGC) était venu à la rescousse de l’entreprise en 2013, prenant 21 % des parts du groupe en échange d’argent frais et y amenant d’autres investisseurs de l’empire du Milieu, notamment l’industriel Yat Hoi Ning, détenteur de 7,6 % des parts de Mwana Africa.

« Contrairement à ce qui a été dit dans le journal britannique The Times, mon départ n’est pas lié à des problèmes de gouvernance. Il n’a d’ailleurs pas été demandé ni approuvé par les institutionnels et les investisseurs privés occidentaux attentifs à ces questions, mais uniquement par les actionnaires Chinois, qui ont voté contre moi en raison de leur différend stratégique avec moi », tient-il à préciser.

« Siniser »

« CIMGC et ses alliés ont voulu tout ‘siniser‘, privilégiant sur nos projets africains des sous-traitants de chez eux aux sociétés locales, et des coentreprises avec des partenaires de l’empire du milieu, notamment au Katanga en RDC dans le cuivre , où ils n’ont absolument rien apporté pour développer nos activités d’exploration », regrette Kalaa Mpinga, qui, avec ses associés africains, détient encore 9 % des parts de Mwana Africa.

« On m’a proposé de rester administrateur de l’entreprise, mais je ne le souhaite pas. Nous sommes en train de négocier ma sortie du capital », indique cet ancien d’AngloAmerican, l’une des rares figures africaines francophones du secteur minier, qui va devoir se chercher ailleurs de nouveaux défis.

Christophe Le Bec /jeune Afrique

 

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