
le président congolais Félix Tshisekedi s’est longuement exprimé sur la question d’un dialogue national à l'occasion de la présentation de ses voeux au corps diplomatique en poste à Kinshasa, ce samedi 31 janvier. Si le chef de l'État a profité de son discours pour dire qu'il jugeait l’initiative louable, il en a toutefois surtout fixé le cadre et les conditions.
Parmi elles, la première est de ne pas remettre en cause les institutions issues du suffrage universel alors qu'une partie de l’opposition conteste son élection et dénonce sa gestion. Tout dialogue ne saurait remettre en cause sa légitimité, a ainsi prévenu Félix Tshisekedi : « Nous réaffirmons notre ouverture à un dialogue entre Congolais : un dialogue apaisé, inclusif, résolument républicain, destiné à consolider la cohésion nationale sans jamais remettre en cause les institutions issues du suffrage universel », a-t-il notamment déclaré.
Ensuite, le président refuse que l'initiative se déroule à l'étranger. « Si ce dialogue devait se tenir, il se déroulerait sur le sol national et serait conduit et organisé par les institutions de la République dans le respect de la Constitution, des lois de la République et des règles démocratiques qui fondent notre pacte national », a-t-il poursuivi, ce qui écarte au passage les églises catholiques et protestantes de la gestion du processus.
Un processus sur lequel le président entend garder la main
Enfin, celui-ci n’aura pas pour objet de revenir sur les décisions de justice qui ont été prises, a insisté Félix Tshisekedi. « La justice suivra son cours normal avec rigueur, jusqu’au bout, et sans complaisance, afin d’honorer la mémoire de celles et ceux injustement tombés du fait de l’agression », a-t- encore affirmé alors que les dirigeants de l’AFC/M23 mais aussi l'ancien président Joseph Kabila ont été condamnés à mort.
En exigeant un dialogue sur le sol national et sous contrôle institutionnel, le chef de l'État entend donc garder la main sur le processus, ce qui suscite évidemment la question de savoir comment ses opposants vont réagir à cette posture.
Réclamée par une partie de l’opposition - notamment Martin Fayulu et Moïse Katumbi - et encouragée par plusieurs partenaires occidentaux de la RDC dont la France et la Belgique, l'idée d'un dialogue national intercongolais est également portée par un activisme diplomatique du président angolais João Lourenço depuis quelques semaines.
rfi