
Jean-Marc Kabund, président de l'Alliance pour le changement (A.Ch) et figure de l'opposition en RDC, a tenu ces propos le 7 février 2026 lors d'une cérémonie d'échange de vœux au siège de son parti à Kinshasa.
Il critique la stratégie du pouvoir en place (sous la présidence de Félix Tshisekedi) concernant la crise à l'Est du pays, impliquant la rébellion M23/AFC soutenue par le Rwanda
Kabund appelle à un dialogue inclusif réunissant :
- Les acteurs politiques congolais,
- Les parties en conflit (y compris les "agresseurs" du tandem M23/AFC),
- Sous une médiation neutre.
Selon lui, cela permettrait d'aboutir à une solution intermédiaire puis à un accord global de paix durable, face à une crise sécuritaire qui perdure depuis plus de trois décennies dans l'Est.
Il dénonce spécifiquement :
- Les négociations "en aparté" (discrètes ou bilatérales) menées à Doha (Qatar) avec les agresseurs (M23/AFC),
- Tout en excluant ces mêmes groupes du dialogue politique national ou inclusif en RDC.
Pour Kabund, cette approche est incohérente : on discute secrètement avec eux à l'étranger, mais on refuse de les intégrer dans un vrai dialogue congolais. Il qualifie cela de monologue imposé par un pouvoir contesté, plutôt que d'un dialogue authentique.
Le Qatar (Doha) a servi de lieu principal pour des pourparlers directs entre le gouvernement congolais et le M23/AFC depuis 2025 :
- Rencontres surprises et médiations qataries (notamment entre Tshisekedi et Kagame en mars 2025),
- Signature d'une Déclaration de principes en juillet 2025,
- Accord-cadre (framework) en novembre 2025,
- Tentatives de relance en 2026, même si les discussions restent fragiles et que des violations du cessez-le-feu sont rapportées.
Ces négociations internationales (soutenues aussi par les USA et l'Union africaine) visent un cessez-le-feu, un retrait des forces, et une paix durable, mais Kabund y voit une exclusion des Congolais d'un vrai processus interne.
Kabund maintient une position ferme contre l'agression rwandaise (il a récemment réagi aux propos de Kagame sur des revendications territoriales, y voyant un risque de balkanisation), tout en critiquant la gestion du pouvoir actuel qu'il accuse de calculs politiques égoïstes.
Cette déclaration s'inscrit dans sa ligne d'opposition radicale depuis sa rupture avec Tshisekedi, tout en insistant sur la nécessité d'une paix inclusive pour sortir de la crise humanitaire et sécuritaire à l'Est
Nadine Kibau