
Une délégation du gouvernement central de la République démocratique du Congo est arrivée ce mercredi 25 février 2026 à Uvira, chef-lieu provisoire de la province du Sud-Kivu, pour superviser et suivre les actions de restauration de l'autorité de l'État dans la zone, suite au retrait des rebelles de l’AFC/M23.Composée notamment du Vice-Premier ministre de l'Intérieur, Jacquemain Shabani, et du ministre de l'Intégration régionale, Floribert Anzuluni, ainsi que d'autres membres du gouvernement, cette mission vise à évaluer l'avancement des mesures sécuritaires, administratives et humanitaires mises en place depuis le départ forcé des rebelles de la ville.
Ce retrait, amorcé de manière plus complète à partir de mi-janvier 2026 après une occupation marquée par des pillages et des tensions (débutée en décembre 2025), a permis une reprise progressive du contrôle par les forces loyalistes et le retour des institutions provinciales.Il a également conduit à la réouverture récente du poste frontalier terrestre Kavimvira-Gatumba (avec le Burundi) le 23 février 2026, après plus de deux mois de fermeture, relançant les échanges économiques transfrontaliers et la circulation des biens et des personnes. La délégation gouvernementale entend consolider ces gains en renforçant la présence des services de sécurité (FARDC et police nationale), en accélérant le retour des administrations publiques et judiciaires, en accompagnant les efforts de stabilisation post-conflit via le Programme de Désarmement, Démobilisation, Relèvement Communautaire et Stabilisation (P-DDRCS), et en évaluant les besoins humanitaires pour les populations affectées par l’occupation antérieure.Cette visite intervient dans un contexte régional toujours fragile : malgré le retrait d’Uvira, l’AFC/M23 reste actif dans d’autres secteurs du Sud-Kivu et du Nord-Kivu (où les combats s’intensifient actuellement, comme à Masisi).
Parallèlement, une mission conjointe MONUSCO-CIRGL est sur place depuis le 23 février pour préparer le déploiement d’un mécanisme de suivi et de vérification du cessez-le-feu signé début février. La restauration effective de l’autorité de l’État à Uvira est perçue comme un test clé pour la stratégie globale de Kinshasa face à la rébellion soutenue par le Rwanda, avec des enjeux sécuritaires, économiques (réouverture des frontières) et diplomatiques majeurs. La situation reste évolutive, et les autorités appellent à la vigilance pour éviter toute tentative de retour ou de provocation rebelle.