
Le 25 février 2026, l'AFC/M23 (Alliance Fleuve Congo/Mouvement du 23 mars), le mouvement rebelle actif dans l'est de la RDC, a dénoncé une « offensive généralisée » lancée par le gouvernement de Kinshasa contre ses positions au Nord-Kivu.Cette accusation intervient le lendemain de la mort de Willy Ngoma, porte-parole militaire de l'AFC/M23 (lieutenant-colonel), tué le 24 février 2026 dans une frappe de drone attribuée aux Forces armées de la RDC (FARDC). L'attaque s'est produite tôt le matin (vers 3h) près de la cité minière de Rubaya (territoire de Masisi), une zone stratégique sous contrôle rebelle et importante pour l'exploitation minière (coltan notamment).
Plusieurs sources concordantes, dont des responsables rebelles et des médias congolais confirment ce décès, qualifié de coup dur pour la rébellion soutenue par le Rwanda.Dans un communiqué relayé par des figures comme Bertrand Bisimwa (coordonnateur/politique) et Corneille Nangaa, l'AFC/M23 affirme que Kinshasa a « foulé aux pieds » le cessez-le-feu en cours (lié aux efforts de médiation angolais et aux discussions régionales). Ils décrivent l'opération comme « coordonnée et étendue », touchant l'ensemble des lignes de front et au-delà, traduisant un choix assumé pour l'option militaire plutôt que le dialogue. Le mouvement dénonce aussi le silence de la communauté internationale et nationale face à cette offensive, contrastant avec les réactions rapides quand les rebelles se défendent.Le contexte est marqué par des combats intenses depuis plusieurs jours autour de Rubaya et d'autres localités (comme Mahanga, Lumbishi, Kashovu), avec des frappes de drones et artillerie des FARDC appuyées par des milices Wazalendo. Des villages ont été délogés, et des coupures de télécommunications signalées à Rubaya. Des affrontements violents persistent malgré les appels au cessez-le-feu.
Cette escalade suit la mort de Ngoma, figure médiatique et historique du M23 depuis des années (sanctionné par l'UE depuis 2022). Bien que sa disparition ne change probablement pas fondamentalement le rapport de forces, elle intervient dans un moment de forte tension, avec des craintes d'escalade accrue. Kinshasa n'a pas encore commenté officiellement ces accusations au moment des dernières informations disponibles.
Magloire Kibau