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Dans le territoire de Masisi, au Nord-Kivu, la situation sécuritaire reste extrêmement volatile. Après une offensive récente des forces pro-gouvernementales, incluant les milices Wazalendo (alliées à l'armée congolaise FARDC), plusieurs localités comme Kibanda, Kasenyi et Luke ont brièvement changé de mains avant de repasser sous le contrôle des rebelles de l’AFC/M23 (Alliance des Forces du Changement / Mouvement du 23 mars), soutenus par le Rwanda.
 
Selon des sources locales, les Wazalendo avaient lancé une poussée offensive ces derniers jours, reprenant temporairement des positions stratégiques près de la cité minière de Rubaya (riche en coltan). Des villages comme Kasenyi, Kinigi, Chugi et d'autres dans le groupement Kibabi avaient été capturés par les forces gouvernementales et alliées autour du 21-22 février, avec des affirmations de lourdes pertes infligées aux rebelles (captures d'armes et de combattants).Cependant, les rebelles de l’AFC/M23 ont lancé une contre-offensive rapide et violente. Les combats intenses, concentrés autour de ces positions clés, ont abouti à la reprise de Kasenyi et Luke par les rebelles ce 26 février 2026. Des affrontements se poursuivaient également à Kibanda (deuxième jour signalé d'intenses échanges). Cette reconquête a provoqué un climat de panique parmi les populations civiles, avec des déplacements massifs et un retour au calme précaire dans certaines zones voisines comme Kazinga.Parallèlement, des experts de l’ONU (notamment à Genève) ont alerté sur une recrudescence des violences graves contre les défenseurs des droits humains dans les Kivus.
 
Leur déclaration évoque des enlèvements répétés, des actes de torture, des tentatives d’assassinat et d’autres formes de violences extrêmes, souvent attribuées aux parties belligérantes dans le contexte des hostilités persistantes entre l’AFC/M23 et les forces pro-Kinshasa (FARDC et Wazalendo). Ces abus s’inscrivent dans un pattern plus large documenté par l’ONU et des ONG, incluant exécutions sommaires, disparitions forcées et violences sexuelles par divers acteurs armés.Ce regain de tensions intervient dans un climat fragile : malgré des efforts diplomatiques (accords de cessez-le-feu via Washington, Doha, Angola, etc.), les violations persistent, exacerbées par la mort récente d’un porte-parole M23 (Willy Ngoma) dans une frappe de drone, et les accusations mutuelles de violations. La zone de Rubaya et ses environs reste stratégique en raison de ses ressources minières, alimentant les enjeux économiques et géopolitiques du conflit.Les populations locales subissent de plein fouet ces aller-retours territoriaux : pillages, fuites vers des zones plus sûres et perturbation des activités quotidiennes. La communauté internationale continue d’appeler à un respect effectif des trêves et à la protection des civils, sans percée décisive pour l’instant. Des détails supplémentaires sur les bilans humains et les évolutions du front devraient émerger dans les prochains jours via les sources locales et onusiennes.
 
Magloire Kibau