
La République démocratique du Congo (RDC) a officiellement annoncé, le 27 février 2026, la candidature de Juliana Amato Lumumba (également orthographiée Juliana ou Julianna Lumumba) au poste de Secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF). Cette désignation, portée par le gouvernement congolais et officialisée via un communiqué du ministère de la Communication et des Médias le 26 ou 27 février, marque une initiative stratégique de Kinshasa pour influencer la direction de cette organisation regroupant plus de 88 États et gouvernements membres.Fille de l’icône nationale Patrice Émery Lumumba, premier Premier ministre de la RDC indépendante, Juliana Amato Lumumba est née le 25 janvier 1955. Diplômée en sciences politiques à Paris (notamment à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales - EHESS), elle cumule plus de 30 ans d’expérience en gouvernance publique, diplomatie culturelle, coopération internationale et leadership économique.
Elle a notamment exercé les fonctions de vice-ministre puis de ministre de la Culture et des Arts entre 1997 et 2001 (sous Laurent-Désiré Kabila), où elle a promu la culture congolaise et les échanges francophones.Selon le ministre délégué en charge de la Francophonie, Crispin Mbadu Phanzu, elle incarne « une candidate de conviction et d’action », engagée pour les femmes, les jeunes, le développement solidaire, l’intégration économique, le leadership féminin et une Francophonie plus inclusive et influente. La RDC mise sur son héritage symbolique, son expertise et son profil pour renforcer l’influence congolaise au sein de l’espace francophone, dont elle est l’un des pays les plus peuplés et francophones.Cette candidature intervient dans un contexte tendu : l’actuelle Secrétaire générale, la Rwandaise Louise Mushikiwabo (en poste depuis 2019 après une première élection en 2018 et une réélection en 2022), brigue un troisième mandat, soutenu par Kigali. L’élection se déroulera lors du prochain Sommet de la Francophonie prévu à Phnom Penh, au Cambodge, en 2026. Les tensions diplomatiques persistantes entre Kinshasa et Kigali – liées au conflit à l’Est de la RDC et aux accusations mutuelles – ajoutent une dimension géopolitique à cette course, où la RDC voit une opportunité de contester l’influence rwandaise dans l’organisation.
Pascal Kwilu