
Des fosses communes ont été découvertes récemment dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), plus précisément autour de la ville d'Uvira dans la province du Sud-Kivu, environ un mois après le retrait des rebelles de l'Alliance Fleuve Congo / M23 (AFC/M23) de cette zone.Fin février 2026, les autorités locales ont annoncé la découverte d'au moins deux charniers principaux contenant près de 170 à 171 corps au total, selon le gouverneur de la province du Sud-Kivu, Jean-Jacques Purusi (ou Purusi Sadiki), qui s'est exprimé auprès de médias comme l'Associated Press, RFI, DW et d'autres sources internationales. Ces corps, en partie mis au jour par les fortes pluies récentes, se trouvent principalement dans deux sites : l'un à Kavimvira (ou Kiromoni/Kilomoni), près d'une ancienne base militaire occupée par le M23, où environ 141 corps (ou 132 selon certaines estimations locales) ont été identifiés ; l'autre à Kiromoni, proche de la frontière avec le Burundi, avec environ 30 à 31 corps.Des sources locales et des représentants de la société civile, comme Yves Ramadhani du Réseau local pour la protection des civils, évoquent jusqu'à quatre fosses au total.
Outre les deux principales, une fosse aurait été localisée au quartier Kilibula (commune de Kalundu) avec une vingtaine de corps, et une autre au village Kabimba, à environ 8 km au sud d'Uvira, avec une cinquantaine de corps. Le gouverneur accuse formellement le groupe rebelle AFC/M23, soutenu par le Rwanda selon de multiples rapports de l'ONU et d'organisations de droits humains, d'être responsable de ces exécutions sommaires. Les victimes seraient des civils soupçonnés d'avoir collaboré avec les forces gouvernementales congolaises ou les milices pro-gouvernementales (comme les Wazalendo) pendant l'occupation rebelle.Le M23 avait pris le contrôle d'Uvira sans combat majeur le 10 décembre 2025, marquant une avancée significative dans le Sud-Kivu, avant d'annoncer et d'effectuer un retrait progressif à la mi-janvier 2026, présenté comme une mesure de confiance unilatérale sous pression internationale (notamment américaine) pour favoriser les négociations de paix.
Les forces gouvernementales et leurs alliés ont repris la ville peu après, permettant le retour des autorités civiles et militaires, qui annoncent vouloir rétablir les services publics dans cette zone stratégique frontalière avec le Burundi.Cette découverte suscite une vive émotion et de la colère parmi la population locale, avec de nombreuses familles encore à la recherche de proches disparus, arrêtés ou enlevés durant la période de contrôle par le M23. Des appels sont lancés pour une enquête indépendante, potentiellement menée par l'ONU, la MONUSCO ou des organisations internationales de droits humains, afin d'établir les responsabilités exactes et d'identifier les victimes. Bien que des accusations similaires d'exécutions et de fosses communes aient été documentées par le passé contre le M23 (comme à Kishishe en 2022-2023), la situation reste extrêmement volatile dans le Kivu, avec des combats persistants malgré divers accords de cessez-le-feu et efforts diplomatiques.
Pascal Kwilu