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Le président de la République Démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, a lancé un avertissement ferme ce lundi 2 mars 2026 lors de l'ouverture du Forum national des affaires coutumières à Kinshasa, en présence des membres du gouvernement, des gouverneurs de provinces, des chefs coutumiers et d'autres personnalités. Dans un discours solennel, il a déclaré : « Comme j'ai eu l'occasion de le dire à d'autres occasions, je le répète encore solennellement aujourd'hui : aucune puissance, aucun groupe armé, aucune administration parallèle ne pourrait effacer nos lignages, nos chefferies, nos droits coutumiers ». Il a ajouté que « les terres de nos ancêtres ne sont pas des terrains de manœuvres géopolitiques, mais le fondement même de notre souveraineté et de notre identité ».
 
Cette déclaration intervient dans un contexte de tensions accrues à l'Est du pays, où les rebelles de l'AFC/M23 poursuivent leurs avancées malgré un cessez-le-feu fragile (médié notamment par l'Angola, le Qatar et des discussions à Doha/Washington). Elle fait écho à la récente chute de la cité de Katoy (secteur Katoyi, territoire de Masisi, Nord-Kivu) aux mains de l'AFC/M23 le 1er mars 2026, ainsi qu'à d'autres violations signalées sur les axes Masisi-Walikale (comme les combats persistants à Kibati). Tshisekedi défend explicitement le rôle central des autorités coutumières comme garantes de la stabilité, de la cohésion communautaire, du développement, de la sécurité et de la préservation des terres ancestrales face à toute tentative d'administration parallèle ou d'occupation.Le forum, placé sous le thème « Le renforcement du rôle de l’Autorité coutumière, gage de la stabilité, du développement, de la sécurité et de la cohésion des communautés en RDC », vise à intégrer davantage les chefs coutumiers dans la gouvernance locale et à contrer les dérives liées aux conflits armés, aux déplacements de populations et aux enjeux fonciers/miniers exacerbés par les groupes armés.
 
 Aucune réponse immédiate de l'AFC/M23 n'a été rapportée à cette déclaration, mais le mouvement rebelle continue d'affirmer ses avancées territoriales et conteste les accusations de Kinshasa. La situation à l'Est reste volatile, avec des craintes accrues de crise humanitaire due aux déplacements massifs et aux violations persistantes du cessez-le-feu. Les informations proviennent principalement de sources congolaises officielles et médiatiques locales ; des confirmations indépendantes (MONUSCO, ONG) sont attendues, la zone étant toujours difficile d'accès.
 
Magloire Kibau