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Selon un rapport récent relayé par Radio Okapi (daté du 4 mars 2026), le taux global d’exécution de l’Accord de Washington entre la République Démocratique du Congo (RDC) et le Rwanda reste bloqué autour de 23 %, huit mois après sa signature officielle le 4 décembre 2025 (ou décembre 2025 pour la version finale présidée par Donald Trump, après un accord de paix initial signé le 27 juin 2025).Cet accord, négocié sous l’égide des États-Unis et visant à mettre fin aux hostilités dans l’est de la RDC, à assurer le retrait des troupes rwandaises présumées, à stopper le soutien au M23/AFC et à promouvoir une intégration économique régionale (notamment via le Cadre d’intégration économique régionale – REIF), peine à se concrétiser sur le terrain.D’après les évaluations antérieures (Baromètre des accords de paix en Afrique, consulté par Actualite.cd en février 2026 et Ouragan.cd en décembre 2025) :
  • Le taux global d’exécution stagnait déjà à 23,3 % sept mois après la signature (février 2026), inchangé par rapport à novembre-décembre 2025.
  • Sur les 30 tâches identifiées dans l’accord, seules 19 avaient connu un début de mise en œuvre (taux de 23,3 % global, ou 36,8 % pour les tâches partiellement réalisées en novembre 2025).
  • Pour la RDC : 16 des 26 engagements ont été amorcés, avec un taux de 22,1 % (ou 35,9 % sur les actions partielles).
  • Pour le Rwanda : 13 des 22 engagements partiellement exécutés, taux de 22,7 % (ou 38,4 % sur les partielles).
Cette stagnation persistante intervient dans un contexte sécuritaire dégradé :
  • Malgré l’accord, le M23/AFC a poursuivi ses offensives (prise d’Uvira fin 2025, avancées dans le Sud-Kivu et Nord-Kivu en 2026).
  • Les États-Unis ont annoncé le 2 mars 2026 des sanctions contre l’armée rwandaise (Forces de défense rwandaises – FDR) et quatre officiers supérieurs (dont le chef d’état-major Vincent Nyakarundi) pour soutien opérationnel direct au M23, soulignant que les violations des droits humains persistent.
  • Le président Trump avait qualifié l’accord de « grand miracle » lors de la signature du 4 décembre 2025, mais les progrès restent limités, avec une mise en œuvre inégale et un recul observé depuis août 2025 (taux passé de 41 % à 23,3 % sur certaines métriques).
Les observateurs (dont des rapports de l’ONU, Crisis Group et médias congolais) pointent une responsabilité partagée : lenteur dans les retraits militaires, absence de désarmement effectif des groupes armés, et défis dans la coopération économique promise (accès aux minerais critiques, investissements US). Le processus Doha (négociations RDC-M23/AFC) reste également fragile.Huit mois après la signature, l’accord est perçu comme un cadre diplomatique important mais fragile, loin d’avoir apporté la paix durable espérée dans l’est de la RDC. La situation sécuritaire et humanitaire demeure précaire, avec des déplacements massifs de populations et des violations persistantes
 
Alain Lusanga