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Cinq membres du personnel du parc national de l’Upemba, situé dans le sud-est de la République démocratique du Congo (province du Haut-Katanga), ont été tués mardi 3 mars 2026 lors d’une attaque armée contre le quartier général du parc à Lusinga. L’Institut Congolais pour la Conservation de la Nature (ICCN), qui gère les aires protégées du pays, a confirmé ce bilan tragique mercredi 4 mars, dénonçant une « violation flagrante » du droit national et international protégeant les sites de conservation.Selon les autorités et les sources concordantes (AFP, La Libre Belgique, DHnet, etc.), des hommes armés non identifiés — attribués par certaines sources locales à des miliciens Mai-Mai ou Bakata Katanga — ont lancé une incursion nocturne (vers 4 heures du matin) sur le site administratif principal. Les assaillants ont visé les bureaux, pillé du matériel (y compris des armes, des munitions et des provisions), causé d’importants dégâts aux infrastructures et emmené temporairement plusieurs otages (dont certains ont été relâchés par la suite). L’armée congolaise (FARDC) a rapidement repris le contrôle total du site.
 
Des rapports initiaux faisaient état d’au moins quatre morts, mais le bilan a été revu à la hausse à cinq victimes confirmées par l’ICCN, toutes des agents ou employés du parc. Plusieurs blessés ont également été signalés, et des perturbations dans les communications ont compliqué les premières vérifications sur place.Cet incident met en lumière les défis sécuritaires persistants dans les parcs nationaux de l’est et du sud-est de la RDC, zones souvent infiltrées par des groupes armés impliqués dans le braconnage, l’exploitation illégale des ressources naturelles ou des conflits locaux. Le parc de l’Upemba, l’un des plus anciens et des plus vastes du pays (créé en 1939, couvrant environ 11 730 km²), abrite une biodiversité exceptionnelle (éléphants, lions, zèbres, etc.), mais souffre depuis des années d’insécurité liée aux milices et au trafic.
 
L’ICCN et les partenaires de conservation (comme la Forgotten Parks Foundation) appellent à un renforcement urgent de la sécurité pour protéger les gardes-écologues et le personnel civil. Aucune revendication officielle n’a été faite pour l’instant, et les enquêtes se poursuivent pour identifier les responsables.
 
Alain Lusanga