Imprimer

Le 6 mars 2026, le Département d'État américain a annoncé l'imposition de restrictions de visas à plusieurs hauts responsables rwandais, accusés de contribuer à l'instabilité dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC) en continuant à soutenir le groupe rebelle M23 et en violant les Accords de Washington. Selon le communiqué officiel du Département d'État (publié sur state.gov), ces mesures visent des individus considérés comme responsables, complices ou directement/indirectement impliqués dans des actions qui sapent une paix durable dans la région des Grands Lacs. Le secrétaire d'État Marco Rubio a déclaré que ces responsables « alimentent la violence et compromettent la stabilité de toute la région des Grands Lacs » en soutenant le M23 et en ne respectant pas les engagements pris dans les Accords de Washington (signés en décembre 2025 sous l'égide de Donald Trump entre la RDC et le Rwanda).Ces restrictions de visas s'appuient sur la section 212(a)(3)(C) de l'Immigration and Nationality Act, qui permet d'interdire l'entrée aux États-Unis si la présence d'une personne risque d'avoir de graves conséquences négatives sur la politique étrangère américaine. Elles pourraient également s'appliquer à certains membres de leur famille.Cette décision fait suite à des sanctions plus dures annoncées le 2 mars 2026 par le Département du Trésor américain (OFAC) :
  • Les quatre officiers sanctionnés financièrement (et souvent cités dans les médias comme potentiellement concernés par les suites diplomatiques, y compris les visas) sont :
    • Vincent Nyakarundi : Chef d'état-major de l'armée (Army Chief of Staff) des RDF.
    • Ruki Karusisi : Major-général, commandant de la 5e Division d'infanterie (et ancien commandant des forces spéciales).
    • Mubarakh Muganga : Chef d'état-major de la défense (Chief of Defence Staff) des RDF.
    • Stanislas Gashugi : Commandant des forces d'opérations spéciales (Special Operations Force Commander).
Le M23, groupe armé sanctionné par les États-Unis et l'ONU, est accusé de graves violations des droits humains et d'avoir provoqué une crise massive de déplacements dans l'est de la RDC, avec des prises de territoires importantes (Goma, Bukavu, zones minières stratégiques).Cette escalade diplomatique américaine marque une pression accrue sur Kigali, malgré les dénégations officielles du Rwanda qui rejette ces accusations et parle de « distorsion des faits ». Kinshasa a salué ces mesures.
 
Magloire Kibau