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L’administration militaire du territoire de Mahagi, dans la province de l’Ituri au nord-est de la République démocratique du Congo, a durci les conditions d’accès au sol congolais pour les troupes de l’armée ougandaise (UPDF). Depuis le 4 mars 2026, toute entrée de militaires ougandais ou de leurs équipements par les postes frontaliers d’Anzida et de Karombo est strictement interdite sans autorisation préalable expresse de la haute hiérarchie militaire congolaise.
 
Cette mesure vise à renforcer le contrôle et à préserver la souveraineté nationale sur le territoire.Dans une correspondance officielle datée du 4 mars 2026, le colonel Jacques Disanoa Lalua (ou Disanoa Lalua Jacques), administrateur militaire du territoire de Mahagi, a instruit les responsables des services de sécurité et de migration locaux – notamment les chefs de postes de la Direction générale de migration (DGM), de l’Agence nationale de renseignements (ANR), de la Direction des services de frontières (DSF) ainsi que le commandant de l’escadron de la Police des frontières – de ne plus autoriser le franchissement sans aval préalable. Cette instruction est prise sur ordre du gouverneur militaire de la province de l’Ituri, basé à Bunia, et doit être appliquée de manière stricte pour éviter tout mouvement non autorisé.Cette restriction intervient après plusieurs incidents et bavures signalés à la frontière impliquant des éléments de l’UPDF. Elle s’inscrit dans un contexte où les troupes ougandaises sont déployées en Ituri depuis 2025 dans le cadre d’une mutualisation des forces avec les Forces armées de la RDC (FARDC) contre les groupes armés actifs dans la région, tels que les CODECO, les ADF et d’autres milices.
 
L’entrée officielle des UPDF à Mahagi avait été confirmée début mars 2025 via le poste d’Anzida, pour des opérations conjointes, mais des tensions persistent autour de leur présence, souvent perçue comme une ingérence potentielle ou une menace à la souveraineté congolaise. Des analystes et observateurs locaux appellent à une vigilance accrue, craignant que cette dynamique ne ressemble à d’autres situations régionales (comme avec le M23 dans l’est du pays) insistant sur l’objectif de cette décision : garantir le respect des procédures, protéger la souveraineté nationale et encadrer étroitement les mouvements transfrontaliers militaires dans cette zone frontalière volatile. Le gouverneur militaire de l’Ituri n’a pas encore fait de commentaire public supplémentaire, mais la mesure reflète un durcissement clair du contrôle local face à la présence ougandaise. La situation reste sensible dans cette région sensible de la RDC.
 
Alain Lusanga / Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.