Imprimer

Le président de l’Association africaine de défense des droits de l’homme (ASADHO), Me Jean-Claude Katende, a mis en garde contre une « direction dangereuse » que prendrait la République démocratique du Congo en cas de changement ou de révision substantielle de la Constitution actuelle de 2006.Dans une série de messages publiés ce lundi 9 mars 2026 sur son compte X (anciennement Twitter), l’activiste des droits humains et avocat a exprimé son opposition ferme au projet évoqué par certains responsables de la majorité présidentielle, notamment après les déclarations d’Augustin Kabuya (secrétaire général de l’UDPS) affirmant que le parti au pouvoir allait « toucher à cette Constitution ».
 
Katende estime que cette initiative constitue une voie risquée pour le pays, surtout dans le contexte actuel de guerre à l’Est (occupation partielle par le M23 soutenu par le Rwanda, exactions des ADF et autres groupes armés). Selon lui, « le changement de la Constitution est une direction dangereuse. Il fragilisera le travail appréciable que le président Tshisekedi fait contre le président Kagame ainsi que la majorité au pouvoir ». Il argue que ce débat divise les Congolais, détourne l’attention des priorités sécuritaires et humanitaires urgentes, et risque de saper les avancées réalisées par le chef de l’État en matière de lutte contre la corruption, l’insécurité et l’influence rwandaise.Il rappelle que les changements constitutionnels en RDC ont souvent été motivés par des intérêts personnels ou mercantiles plutôt que par le bien commun, et conseille au président Félix Tshisekedi d’abandonner cette idée, portée selon lui par des « Congolais à esprit mercantile ». Katende défend implicitement le maintien des garde-fous de la Constitution, en particulier l’article 218 qui rend intangibles la limite de deux mandats présidentiels, la forme républicaine et décentralisée de l’État, ainsi que d’autres clauses fondamentales.
 
Cette sortie renforce les voix critiques au sein de la société civile et d’une partie de l’opposition (comme Jean-Marc Kabund qui qualifie le débat de « faux » et de diversion), alors que l’Union sacrée reste divisée : certains soutiennent une révision pour adapter le texte aux « réalités actuelles », tandis que d’autres (ex. : Modeste Bahati Lukwebo) s’y opposent, créant des remous internes. Aucune procédure formelle de révision n’a encore été lancée, mais le débat, relancé autour du 20e anniversaire de la Constitution (18 février 2006), continue de polariser le paysage politique congolais en pleine crise sécuritaire.
 
Magloire Kibau