
La ville de Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu en République démocratique du Congo (RDC), a été visée dans la nuit du 10 au 11 mars 2026 par une attaque attribuée à des drones, selon plusieurs sources concordantes.L'AFC/M23 (Alliance Fleuve Congo / Mouvement du 23 mars), le groupe rebelle qui contrôle la ville depuis janvier 2025 avec le soutien présumé du Rwanda, accuse les Forces armées de la RDC (FARDC) d'avoir mené cette opération. Selon leur bilan provisoire, l'attaque a fait trois morts, dont une humanitaire française employée par l'UNICEF (nommée Carine ou Karine Buisset dans plusieurs rapports).
Les frappes auraient touché un quartier résidentiel (notamment Himbi ou Katindo), près du lac Kivu, avec des explosions entendues vers 4 heures du matin.Des témoins rapportent que deux drones auraient été impliqués : l'un serait tombé dans le lac Kivu, l'autre sur une résidence civile. L'AFC/M23 affirme que les cibles visées incluaient des figures comme Joseph Kabila, Corneille Nangaa ou Sultani Makenga, et dénonce une violation du cessez-le-feu en cours.Du côté gouvernemental congolais et de certaines sources pro-Kinshasa, ces allégations sont rejetées comme de la désinformation orchestrée par l'AFC/M23 pour se victimiser et manipuler l'opinion. Des voix accusent même les rebelles d'avoir eux-mêmes provoqué l'incident (par exemple via des tirs ou un incendie simulé) pour discréditer les FARDC, pointant des incohérences comme des impacts de balles sur les murs plutôt que des effets typiques d'une frappe explosive de drone.
Cette frappe survient dans un contexte de tensions persistantes dans l'est de la RDC, marqué par l'usage croissant de drones par les deux camps, des accusations mutuelles de violations de trêve, et des efforts diplomatiques internationaux (impliquant notamment la France, les États-Unis et l'ONU) pour désescalader.
L'incident a provoqué une vive émotion, notamment en raison de la mort de la travailleuse humanitaire, et pourrait compliquer les négociations en cours.
Magloire Kibau