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Dans son rapport annuel sur la situation des droits de l’homme en République démocratique du Congo, couvrant la période du 1er janvier au 31 décembre 2025 et rendu public le 12 mars 2026, le Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme (BCNUDH) révèle que 503 personnes sont détenues dans les geôles de trois services de renseignements congolais : l’Agence nationale de renseignements (ANR), le Conseil national de cyberdéfense (CNC) et l’État-major des renseignements militaires (EMRM).Parmi ces détenus, 320 se trouvent à l’EMRM, selon les précisions du rapport.
 
Beaucoup d’entre eux sont maintenus en détention depuis plusieurs mois, voire depuis 2023, sans être présentés devant un juge, sans accès à un avocat et sans contact avec leur famille. Le BCNUDH dénonce des détentions arbitraires, des conditions de détention inhumaines, des actes de torture et des traitements dégradants dans ces lieux souvent non officiels.
Ces personnes sont majoritairement soupçonnées d’être proches de l’ancien président Joseph Kabila, de l’ancien Premier ministre Matata Ponyo, ou simplement d’avoir critiqué publiquement le gouvernement ou des décisions des autorités. Le rapport souligne que ces services de renseignements n’ont pas légalement le pouvoir d’effectuer des arrestations ni de procéder à des détentions prolongées, ce qui rend ces pratiques illégales au regard du droit congolais et international.
 
Le BCNUDH appelle les autorités congolaises à transférer immédiatement tous ces détenus devant des juridictions compétentes, à fermer les lieux de détention illégaux et à ouvrir des enquêtes sur les cas de torture et de détention arbitraire. Ce chiffre s’inscrit dans un contexte plus large de hausse des violations des droits humains en 2025, avec 6 169 cas documentés par le BCNUDH, soit une augmentation de 24 % par rapport à l’année précédente. Ce rapport intervient dans un climat politique tendu, marqué par des accusations de répression contre les opposants et les voix critiques, et relance le débat sur le respect de l’État de droit en RDC. Les autorités congolaises n’ont pas encore réagi officiellement à ces nouvelles révélations du BCNUDH.
 
Pascal Kwilu