
Human Rights Watch a publié le 1er avril 2026 une enquête sur l’occupation de la ville d’Uvira, dans le Sud-Kivu (est de la République démocratique du Congo), par le groupe armé M23 et les forces militaires rwandaises en décembre 2025. Les chercheurs de l’ONG, Lewis Mudge et Clémentine de Montjoye, se sont rendus sur place en mars 2026 et ont recueilli les témoignages de dizaines de victimes. Selon le rapport, les combattants du M23 et les forces rwandaises ont commis des exécutions sommaires, des enlèvements, des violences sexuelles et des disparitions forcées pendant et après la prise de la ville le 10 décembre 2025.
HRW a visité trois sites de sépultures collectives liées à ces événements et a reçu des informations sur de nombreux autres sites. L’organisation estime que le M23 et les forces rwandaises ont tué au moins plusieurs dizaines de personnes lors de la prise de contrôle d’Uvira. Il reste cependant difficile de déterminer avec précision l’identité des victimes, la date exacte des enterrements et les circonstances de chaque décès (combats ou exécutions). Ce rapport s’ajoute aux préoccupations déjà exprimées par HRW en décembre 2025 et janvier 2026 sur les risques graves encourus par les civils pendant les combats et l’occupation. L’ONG appelle les autorités congolaises, avec le soutien des Nations Unies, à ouvrir une enquête indépendante sur ces faits, notamment en recourant à une expertise médico-légale pour protéger et analyser les fosses communes. Elle exhorte toutes les parties au conflit à respecter le droit international humanitaire et à protéger les populations civiles.
La situation à Uvira et dans l’est de la RDC reste extrêmement tendue, avec des accusations croisées entre les différents acteurs impliqués.
Nadine Kibau