
L’armée congolaise (FARDC) a récemment alerté sur l’activisme persistant de la milice Mobondo dans le territoire de Kwamouth, province du Maï-Ndombe, considéré comme l’épicentre de ce mouvement armé. Malgré des avancées notables dans d’autres zones comme le Kwango, où plusieurs centaines de miliciens ont accepté de se rendre, la menace reste vive à Kwamouth, où l’armée mise principalement sur la sensibilisation et les appels à la reddition des miliciens réfractaires plutôt que sur une opération militaire massive immédiate. La milice Mobondo est apparue vers 2022 dans le cadre d’un conflit foncier et intercommunautaire opposant principalement les communautés Yaka (dont sont issus la plupart des miliciens) et Teke.
Le nom « Mobondo » fait référence aux fétiches (amulette ou rites spirituels) que portent les combattants, censés les rendre invulnérables aux balles. Les violences ont commencé par des attaques contre des villages, des pillages et des massacres, souvent à la machette, avant que les miliciens n’acquièrent progressivement des armes à feu. Le conflit a causé plusieurs milliers de morts (plus de 5 000 selon certaines estimations) et des centaines de milliers de déplacés. Il s’est étendu à d’autres provinces (Kwilu, Kwango, parties de Kinshasa comme Maluku) et a pris des allures de rébellion avec des attaques directes contre les FARDC.
Au-delà des litiges fonciers, des facteurs comme la marginalisation socio-économique, l’absence d’autorité étatique et parfois une instrumentalisation politique ont alimenté le phénomène.Selon les déclarations récentes du porte-parole de la onzième région militaire (avril 2026), les FARDC notent une évolution positive avec la reddition de plus de 600 miliciens au total lors des campagnes de pacification menées notamment par le ministre délégué à la Défense, Éliezer Ntambwe. Cependant, à Kwamouth, les redditions restent partielles et la situation demeure instable. L’armée continue donc de privilégier le dialogue et la sensibilisation pour convaincre les éléments réfractaires de déposer les armes volontairement, tout en maintenant une pression militaire ciblée contre les irréductibles. Des opérations ponctuelles de traque et de neutralisation ont lieu, mais l’approche actuelle vise à isoler les combattants les plus radicaux grâce à l’appui des communautés locales.
Cette menace, située aux portes de Kinshasa, est prise au sérieux par les autorités, qui soulignent que la solution durable passe par le retour de l’autorité de l’État, la résolution des litiges fonciers, la réinsertion des ex-combattants et un dialogue intercommunautaire inclusif entre Yaka et Teke.
Nadine Kibau