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Il y a de l’eau dans le gaz au sein de l’Union Sacrée. Le député national Laddy Yangotikala Senga, élu de Kisangani (province du Tshopo), a été exclu de son regroupement politique, l’Alliance des Bâtisseurs (AB) – également appelé Dynamique Agissons et Bâtissons –, plateforme dirigée par le président du Sénat Jean-Michel Sama Lukonde. Cette sanction intervient quelques jours seulement après qu’il a initié et déposé, le lundi 13 avril 2026, une motion de défiance contre le vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, de la Sécurité, de la Décentralisation et des Affaires coutumières, Jacquemain Shabani.
 
La motion, qui aurait déjà recueilli près de 60 signatures de députés issus de plusieurs provinces, reproche au ministre une « gestion inefficace » de la situation sécuritaire dans le pays, marquée par la recrudescence des braquages, kidnappings et actes criminels, notamment à Kinshasa et dans plusieurs grandes villes. Le député accuse également Jacquemain Shabani d’entrave au contrôle parlementaire, d’atteinte à la séparation des pouvoirs et d’abus d’autorité à des fins partisanes. Peu après l’annonce de cette initiative parlementaire, le regroupement AB s’est désolidarisé publiquement de la démarche et a annoncé l’exclusion (ou suspension temporaire) de Laddy Yangotikala. Le député avait par ailleurs annoncé son retrait temporaire de ses fonctions de président ad intérim du parti Action des Volontaires pour la Relève Patriotique (AVRP) afin de se consacrer pleinement à cette motion.
 
Face aux pressions et à cette exclusion, Laddy Yangotikala maintient fermement sa position. Sur les réseaux sociaux et dans des déclarations publiques, il a réaffirmé : « Qu’on ne vous trompe pas. Ma motion de défiance n’a pas été retirée. Nous irons jusqu’au bout ». Il rejette toute accusation de tentative de déstabilisation des institutions et affirme exercer simplement son rôle de contrôle parlementaire. Cette affaire constitue la deuxième motion de défiance sous le gouvernement Suminwa II, après celle qui visait en 2024 le ministre des Infrastructures et Travaux publics Alexis Gisaro.
 
Elle révèle les tensions internes au sein de la majorité présidentielle et relance le débat sur la gestion de la sécurité nationale. L’évolution de cette motion – qui doit encore passer par la commission compétente avant un éventuel vote en plénière – et la situation du député Laddy Yangotikala restent à suivre de près dans les prochains jours.
 
JCC Ngoy