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A l’occasion du quatrième anniversaire de son parti, l’Alliance pour le changement (A.ch), l’opposant Jean-Marc Kabund a adressé une mise en garde ferme au Président Félix Tshisekedi. Devant ses militants réunis à Kinshasa, il a exclu tout changement ou révision de la Constitution, qualifiant ce projet de « funeste » et inopportun dans le contexte actuel de guerre à l’Est.

« Ni changement, encore moins la révision », a tranché Kabund. Il a averti le chef de l’État : « N’osez pas toucher à la Constitution. Sortez par la grande porte, car vous savez ce qui est arrivé aux quatre anciens présidents de ce pays ». L’ancien allié devenu opposant radical a rappelé l’histoire : le premier président renversé par un coup d’État, le deuxième chassé par une rébellion, le troisième assassiné et le quatrième condamné à mort. « Tshisekedi a quand même la chance de quitter le pouvoir par la porte. S’il s’entête, il verra ce changement constitutionnel arriver sans lui », a-t-il lancé.

Kabund estime que la Constitution de 2006, bien qu’imparfaite, ne doit pas être modifiée en période de crise sécuritaire et d’état de siège. Selon lui, relancer ce débat sert surtout à détourner l’attention des vrais problèmes du pays : insécurité, détournements de fonds publics, mauvaise gouvernance et absence d’État dans plusieurs provinces. Il a dénoncé un pouvoir fondé sur « les mensonges, les manipulations et les pillages », rappelant son propre emprisonnement pour avoir alerté sur ces dérives.

L’opposant a par ailleurs appelé à un dialogue national inclusif pour mettre fin aux massacres à l’Est et éviter la balkanisation du pays. Il a fixé 2028 comme ligne rouge pour la tenue des prochaines élections et promis une forte mobilisation populaire en cas de forcing constitutionnel.

Cette sortie intervient alors que des voix au sein de l’Union Sacrée relancent le débat sur une réforme constitutionnelle, certains plaidant même pour le maintien de Tshisekedi au pouvoir jusqu’à la fin de la guerre. Kabund, libéré en février 2025 après une longue détention, confirme sa position d’opposant intransigeant et sa volonté de barrer la route à tout projet jugé anti-démocratique. Cette mise en garde risque d’alimenter davantage les tensions politiques à l’approche des échéances électorales.

Magloire Kibau