
Le gouvernement de la République Démocratique du Congo a publié un communiqué ferme pour dénoncer la recrudescence des attaques diffamatoires, injurieuses et misogynes visant la Première ministre Judith Suminwa Tuluka ainsi que d’autres responsables publics.
Dans ce texte rendu public par le ministère de la Communication et des Médias, l’exécutif condamne « avec la plus grande fermeté » les publications sur les réseaux sociaux comportant injures, menaces, harcèlement en ligne, propos diffamatoires et discours de haine. Ces attaques sont qualifiées de campagnes organisées visant à ternir l’image des institutions et à déstabiliser l’opinion publique.
Le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, a rappelé que la liberté d’expression est garantie par la Constitution, mais qu’elle s’exerce dans le strict respect des lois. Les injures, la diffamation, les menaces et le harcèlement constituent des infractions pénales et ne sauraient être tolérées.
Le gouvernement annonce avoir saisi les autorités judiciaires pour identifier les auteurs de ces contenus, y compris ceux qui agissent de manière anonyme ou depuis l’étranger, et engager des poursuites contre eux.
Ces réactions interviennent après plusieurs interventions médiatiques de la Première ministre, notamment son passage sur TV5 Monde où elle a abordé des sujets sensibles comme la question des migrants et la situation sécuritaire à l’Est du pays. Certains observateurs estiment que ces déclarations ont déclenché une vague de critiques virulentes sur les réseaux sociaux, parfois teintées de remarques sexistes.
Plusieurs voix, dont des organisations de femmes et des membres de la société civile, ont également dénoncé cette « déchéance morale » du débat public et apporté leur soutien à Judith Suminwa Tuluka, première femme à occuper le poste de Première ministre en RDC. Le gouvernement réaffirme sa détermination à protéger la dignité des institutions et des dirigeants tout en appelant à un débat public responsable et respectueux. Cette affaire relance le débat sur les limites entre liberté d’expression et responsabilité en ligne dans le contexte politique congolais.
Magloire Kibau