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Lors de son culte dominical du 10 mai 2026 à l’église Cité Bethel à Kinshasa, le pasteur et artiste gospel Moïse Mbiye a vivement critiqué certains de ses collègues pasteurs qu’il accuse de s’impliquer excessivement dans le débat politique sur le changement de la Constitution. Il a dénoncé des rassemblements de responsables religieux où, selon lui, les discussions portent davantage sur la politique, la consommation de vin et la révision constitutionnelle que sur la prière et la mission spirituelle. Mbiye a qualifié ces cercles de « camp des lépreux » (ou « pasteurs lépreux »), affirmant : « Que Dieu m’aide à ne jamais appartenir à un tel camp. »
 
Sans citer nommément ses collègues, il a rappelé que les pasteurs doivent rester focalisés sur leur vocation spirituelle plutôt que de se transformer en acteurs politiques. Il a toutefois nuancé son discours en déclarant : « S’il faut changer la Constitution pour le bien du peuple, changez-la même 50 fois. Mais si ce n’est pas pour l’intérêt du peuple, il ne faut pas la changer. » Il a insisté sur le fait que les positions (pour ou contre) ne doivent pas être motivées par le désir de plaire au chef de l’État.
 
Ces déclarations interviennent dans un contexte tendu où plusieurs figures religieuses, notamment des Églises de réveil, soutiennent publiquement une réforme constitutionnelle. Les propos de Moïse Mbiye ont suscité de vives réactions sur les réseaux sociaux, certains saluant son franc-parler tandis que d’autres y voient une polémique interne au monde chrétien. Cette sortie renforce le débat national sur la révision de la loi fondamentale en RDC, à quelques années des prochaines échéances électorales.
 
Alain Lusanga