Imprimer

Human Rights Watch a publié ce 14 mai 2026 un rapport détaillé accusant le mouvement du 23 mars (M23) et les forces militaires rwandaises d’avoir commis de graves exactions pendant leur occupation de la ville d’Uvira, dans le Sud-Kivu à l’est de la République démocratique du Congo, entre le 10 décembre 2025 et le 17 janvier 2026. Selon l’organisation, au moins 53 civils ont été exécutés sommairement lors de raids porte-à-porte, dont 46 hommes, une femme et six enfants, souvent soupçonnés d’être liés aux milices locales ou à l’armée congolaise, tandis qu’au moins huit cas de viols et de violences sexuelles ont été documentés, douze personnes ont été victimes de disparitions forcées, et de nombreux autres abus ont été signalés, notamment des tirs sur des civils en fuite, des menaces, du harcèlement, des recrutements forcés et des pillages systématiques.
 
Ces conclusions reposent sur plus de 120 entretiens menés sur le terrain en mars 2026 après le retrait du M23, ainsi que sur des témoignages directs, des photos et des vidéos vérifiées, et Human Rights Watch qualifie ces actes de crimes de guerre, appelant à des enquêtes approfondies de la Cour pénale internationale et à l’imposition de sanctions ciblées contre les responsables, y compris au sein des autorités rwandaises. Uvira, deuxième ville du Sud-Kivu, était tombée aux mains du M23 et de ses alliés rwandais après des combats intenses qui avaient déjà provoqué le déplacement de centaines de milliers de personnes, avant que les rebelles ne se retirent le 17 janvier 2026.
 
L’organisation avait d’ailleurs déjà alerté sur les risques encourus par les populations civiles dès la prise de la ville en décembre 2025, tout en documentant également des abus commis par l’armée congolaise (FARDC) et les milices Wazalendo alliées de Kinshasa, tant avant qu’après cette période d’occupation. Ce rapport intervient dans un contexte régional toujours extrêmement volatile malgré les accords de Washington censés apaiser les tensions, alors que le gouvernement congolais accuse régulièrement le Rwanda de soutenir militairement le M23, une accusation que Kigali continue de nier fermement, le mouvement rebelle se présentant quant à lui comme le défenseur des communautés tutsi congolaises, notamment les Banyamulenge, face aux menaces persistantes.
 
L’information est largement relayée par les médias internationaux tels que BBC, Reuters, Africanews, RFI et divers organes de presse congolais, soulignant la nécessité urgente d’une protection renforcée des civils, d’une aide humanitaire accrue et d’une justice impartiale pour mettre fin au cycle de violences qui affecte depuis trop longtemps l’est de la RDC, où tous les acteurs armés – M23 et forces rwandaises, FARDC et milices pro-gouvernementales – ont été impliqués à des degrés divers dans des violations des droits humains. Pour consulter le rapport complet, il est possible de se rendre directement sur le site officiel de Human Rights Watch.
 
Magloire Kibau