
Un juge fédéral américain a ordonné le rapatriement aux États-Unis d’Adriana Maria Quiroz Zapata, une Colombienne de 55 ans expulsée vers la République démocratique du Congo (RDC) en avril 2026. Cette femme, qui souffre de diabète, d’hyperlipidémie et d’hypothyroïdie, avait fui la Colombie après des violences graves de la part de son ex-compagnon lié à la police nationale. En 2025, un juge d’immigration lui avait accordé une protection contre un retour en Colombie, estimant qu’elle risquait la torture.
Malgré un refus écrit du ministère congolais de l’Intérieur, qui invoquait l’incapacité à lui fournir les soins médicaux nécessaires, les autorités américaines (ICE) l’ont expulsée vers la RDC dans le cadre d’un accord conclu par l’administration Trump pour accueillir temporairement des migrants de pays tiers. Elle se trouve actuellement dans un hôtel près de Kinshasa avec d’autres expulsés, où elle vit recluse et effrayée. Le 13 mai 2026, le juge Richard J. Leon (District de Columbia) a jugé que cette expulsion était probablement illégale, car la loi américaine exige le consentement effectif du pays tiers. Il a donc ordonné au gouvernement de la rapatrier « dès que possible » et de fournir un rapport d’étape avant le 15 mai, soulignant le risque mortel pour sa santé dans un pays qui ne peut pas la soigner.
Cette décision constitue un revers judiciaire pour la politique d’expulsions accélérées vers des pays tiers et intervient alors que la Colombie demande également le retour de ses ressortissants bloqués en RDC. L’affaire continue de susciter l’attention tant aux États-Unis qu’en RDC.
Magloire Kibau