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Le Prix Nobel de la Paix Denis Mukwege s’oppose résolument à l’organisation d’un référendum constitutionnel en République démocratique du Congo sans la participation effective des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Selon lui, si l’insécurité persistante dans ces deux régions empêche la tenue des élections en 2028, comme l’a reconnu le président Félix Tshisekedi, elle doit également interdire toute modification de la Constitution par voie référendaire, car ces provinces doivent pouvoir s’exprimer pleinement sur un sujet aussi important.
 
« Si l’on ne peut pas organiser d’élections à cause de la guerre dans ces deux provinces, alors on ne peut pas non plus organiser un référendum pour changer la Constitution, puisque ces mêmes provinces doivent pouvoir se prononcer », a-t-il déclaré dans une interview récente.
 
Le médecin de Panzi, originaire du Sud-Kivu, maintient une position cohérente en faveur de l’intégrité territoriale et de la souveraineté populaire, refusant tout processus national qui exclurait une partie significative du territoire et de la population congolaise. Par ailleurs, il critique vivement l’accord minier conclu entre la RDC et les États-Unis, qu’il considère comme une forme de prédation ne profitant pas à la stabilisation de l’Est, malgré les promesses de sécurité. Cette prise de position intervient dans un contexte marqué par les violences continues dans l’Est, les débats sur une possible révision constitutionnelle et les négociations internationales autour des ressources naturelles du pays. Mukwege continue ainsi d’être une voix influente et critique, attachée à la défense des intérêts fondamentaux de la population congolaise.
 
Pascal Kwilu