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Lubumbashi, 9 août 2026 – Trois formations politiques se réclamant de l’héritage d’Antoine Gabriel Kyungu wa Kumwanza ont officialisé, samedi 8 août 2026, leur rapprochement à Lubumbashi. L’Union Nationale des Fédéralistes du Congo (UNAFEC), l’Alliance Nationale des Fédéralistes Kyunguiste (ANAFEK) et la Coalition Républicaine pour la Démocratie et le Fédéralisme (CRDF) ont signé un acte d’engagement commun en faveur de l’unité, de la paix, du vivre-ensemble et, surtout, de la promotion du fédéralisme en République démocratique du Congo.
 
La cérémonie s’est déroulée au directoire de l’UNAFEC, dans la commune de Kenya. Le document a été paraphé par Jean-Ladislas Umba Lungange (UNAFEC), Lawrence Lolo Kyungu Kibwe (ANAFEK) et Juvénal Kitungwa Lugoma (CRDF), en présence de cadres et militants des trois partis.
 
Un héritage revendiqué
 
Les signataires se présentent explicitement comme les héritiers politiques de feu Antoine Gabriel Kyungu wa Kumwanza, figure emblématique du Katanga surnommée « Baba wa Katanga ». Décédé en 2021, ce dernier avait fondé l’UNAFEC et milité longtemps pour une organisation fédérale de l’État congolais, estimant que le modèle unitaire ne répondait pas aux réalités d’un pays-continent.
 
Dans leur acte d’engagement, les trois formations affirment vouloir « pérenniser la vision et l’idéal fédéraliste » légués par leur « père politique ». Elles rappellent également les réunions préparatoires tenues à Lubumbashi en août 2025, à l’occasion du quatrième anniversaire de la disparition de Kyungu, qui ont posé les bases de cette union.
 
Lawrence Lolo Kyungu Kibwe, fils biologique du défunt et président de l’ANAFEK, a qualifié la journée d’« historique ». Après près de cinq années de divisions au sein de la famille politique kyunguiste, il a souligné que l’idéologie commune – le fédéralisme – constituait le ciment de ce nouveau départ.
 
Objectif central : une République fédérale du Congo
 
Au cœur de l’alliance figure une revendication claire : faire évoluer la RDC de l’unitarisme vers le fédéralisme. Les trois partis ambitionnent de promouvoir une « République Fédérale du Congo », convaincus que ce mode d’organisation permettrait de mieux prendre en compte les spécificités provinciales, de rapprocher les gouvernants des gouvernés et de favoriser un développement plus équilibré.Jean-Ladislas Umba Lungange a insisté sur le retour de la vision de Kyungu et sur la nécessité pour les acteurs politiques de reconnaître la place de cette famille idéologique sur l’échiquier national. Les signataires ont également réaffirmé leur appartenance à l’Union sacrée de la Nation, cadre dans lequel Kyungu s’était inscrit avant sa disparition.
 
Quatre engagements concretsL’acte signé comporte quatre axes principaux :
  1. Créer les conditions d’un travail commun en vue de l’instauration du fédéralisme.
  2. Promouvoir l’unité et la paix, et mobiliser les militants autour de cet idéal.
  3. Développer une culture politique de non-violence, de solidarité et de vivre-ensemble.
  4. Mettre en place un cadre permanent de concertation, de planification et d’action dédié à la paix, au développement du Grand-Katanga et à celui de l’ensemble du pays.
Cette plateforme vise à dépasser les rivalités internes pour porter de manière plus audible le débat sur la forme de l’État, dans un contexte où les questions constitutionnelles restent au centre de l’actualité politique nationale.Une étape symboliqueAprès plusieurs années de dispersion et de tensions au sein des structures issues de l’UNAFEC, ce rapprochement marque une tentative de recomposition de la famille politique kyunguiste. Les trois formations entendent désormais peser davantage dans le débat public en s’appuyant sur une identité idéologique claire et un héritage historique revendiqué.Il reste à observer si cette alliance se traduira par des actions concrètes sur le terrain et une présence renforcée dans les discussions nationales sur l’avenir institutionnel de la RDC.
 
Alain Lusanga