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Olivier Kamitatu, directeur de cabinet et porte-parole de Moïse Katumbi, a livré des précisions sur la restitution de son passeport, document dont il était privé depuis près d’un an. Dans un message publié le samedi 8 août sur X, puis lors d’une intervention au Space live animé par le journaliste Stanis Bujakera Tshiamala, l’ancien président de l’Assemblée nationale de transition a détaillé les circonstances de cette privation et interprété la remise du document.
 
« Une hirondelle ne fait pas le printemps, mais peut l’annoncer, dit-on ! Un passeport vient de m’être remis. Signal d’apaisement ? », a-t-il écrit, avant d’ajouter : « Et les autres qui attendent ? Prisonniers politiques, condamnés à mort, exilés, harcelés judiciaires. Merci à ceux qui plaident pour la décrispation. »
 
Selon ses explications, la privation s’est déroulée en deux temps. Son passeport diplomatique, auquel il estime avoir droit en tant qu’ancien président de l’Assemblée nationale en vertu de la loi sur le statut des anciens chefs de corps, lui aurait été confisqué à l’aéroport de N’Djili par des agents de la Direction générale de migration (DGM) et ne lui a jamais été restitué. Il affirme que ce traitement touche « tous ceux qui sont des opposants suspectés » par le pouvoir. Par ailleurs, son passeport ordinaire avait expiré en avril, le plaçant dans l’impossibilité d’obtenir des visas, aucun pays n’accordant de visa sur un document arrivant à échéance dans les six mois. Cette double situation l’a empêché de voyager pendant près d’un an.
 
Olivier Kamitatu a insisté sur le fait que la restitution ne constitue pas une « faveur » du pouvoir, mais la simple reconnaissance d’un droit de tout citoyen congolais. « On m’a restitué un document que tout citoyen congolais doit avoir quand il le demande », a-t-il déclaré. L’ambassade de la RDC au Benelux a confirmé avoir délivré un passeport ordinaire le 8 août 2026, précisant qu’il s’agissait d’un traitement administratif standard : la demande avait été introduite le 13 juillet, après paiement des droits et enregistrement des données biométriques, sans aucun traitement de faveur.
 
L’opposant, en exil politique depuis 2024, a élargi son propos au-delà de son cas personnel. Il a plaidé pour la libération des prisonniers politiques, la levée des condamnations à mort, la fin du harcèlement judiciaire contre les opposants et l’ouverture d’un dialogue inclusif. Selon lui, un véritable signal d’apaisement se mesurera à ces actes concrets. Il a également cité d’autres cadres privés de passeport, comme Hervé Diakiesse et Mike Mukebayi, soulignant qu’il n’était pas un cas isolé.
 
Cette restitution intervient dans un climat politique tendu, marqué par les appels de la Coalition Article 64 (C64) à un dialogue national avant le 15 août et par d’autres gestes récents, comme le transfèrement de certains détenus. La C64 a d’ailleurs salué la mesure comme un geste contribuant à la décrispation, tout en maintenant ses exigences.
 
Pour Olivier Kamitatu, l’avenir dira si cette « hirondelle » annonce réellement le printemps politique en République démocratique du Congo.
 
Pascal Kwilu