
Des centaines de jeunes de la ville de Bandundu, chef-lieu de la province du Kwilu, ont manifesté pacifiquement mercredi 12 août 2026 pour réclamer le démarrage immédiat des travaux d’asphaltage et de modernisation de la route nationale n°17 (RN17), sur le tronçon Mongata-Bandundu. Cette mobilisation s’est déroulée à l’occasion de la Journée internationale de la jeunesse.
Vêtus de blanc et brandissant des calicots sur lesquels on pouvait lire « La RN17, notre priorité, notre combat, nous exigeons le début des travaux », les manifestants ont parcouru les principales artères de la ville : avenues Wamba, Kwango, Fatundu et Lumumba. La marche, organisée par le Conseil urbain de la jeunesse de Bandundu, s’est achevée au siège du gouvernement provincial où un mémorandum a été déposé à l’intention de la Première ministre Judith Suminwa.
Grégoire Mafiaba, président du Conseil urbain de la jeunesse, a dénoncé l’état de dégradation « très avancé et alarmant » de cet axe stratégique. « Vu l’enclavement persistant de la ville de Bandundu qui paralyse les échanges commerciaux avec Kinshasa et accentue la pauvreté de la population locale, nous exigeons le début immédiat et effectif des travaux d’asphaltage du tronçon Mongata-Bandundu conformément aux promesses du Président de la République », a-t-il déclaré.
Les jeunes pointent du doigt les bourbiers, nids-de-poule et herbes envahissantes qui transforment un trajet de 240 à 260 kilomètres, normalement réalisable en quelques heures, en un périple de plusieurs jours. Cette situation freine l’évacuation des produits agricoles, contribue à la hausse des prix des denrées de première nécessité et isole davantage la région.
Ils rappellent l’engagement pris par le président Félix Antoine Tshisekedi lors de la 13ᵉ Conférence des gouverneurs de province, tenue à Bandundu en mars 2026. Le chef de l’État avait alors instruit le gouvernement de procéder d’urgence à la réhabilitation de la RN17 et à la modernisation du port de Bandundu. Des démarches avaient également été engagées auprès de la Banque africaine de développement (BAD) pour le financement du bitumage d’environ 260 kilomètres.
Dans leur mémorandum, les manifestants demandent également la disponibilité du financement dédié, un audit et un suivi rigoureux des entreprises attributaires du marché, ainsi que la sécurisation totale de l’axe afin de permettre l’exécution des travaux.
Réagissant au nom du gouverneur de province, le ministre provincial des Finances, Blanchard Malutama, s’est voulu rassurant : « Le Chef de l’État a été clair lors de la 13ᵉ session de la conférence. Il a dit : l’asphaltage du tronçon Mongata-Bandundu. Faisons-lui confiance. »La marche, encadrée par la Police nationale congolaise, s’est déroulée sans incident.
Cinq mois après les instructions présidentielles, la jeunesse de Bandundu estime que le temps des promesses est révolu et réclame désormais le passage aux actes pour désenclaver durablement la ville et relancer l’économie locale.
Nadine Kibau